Loi sur le logement social : « J’ai peut-être anticipé », dit Ayrault

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Ils n’ont évidemment pas raté l’occasion. Les députés UMP ont profité de la séance de questions au gouvernement, mercredi, à l’Assemblée, pour s’en prendre à Jean-Marc Ayrault. Un 1er ministre fragilisé après sa « gaffe ». Dans la matinée, le chef du gouvernement avait déclaré que le texte de loi sur le logement social allait être rejeté par le Conseil Constitutionnel. Les Sages ont immédiatement réagi dans la foulée, rappelant qu’ils n’avaient « pas encore statué » sur le projet de loi en question (leur arbitrage sera rendu mercredi soir). « C'est ridicule ! » a même commenté un membre du Conseil, tandis qu'un autre a lâché: « Ils se prennent les pieds dans le tapis », en parlant du gouvernement.
« L’entraîneur n’est pas la hauteur »
A l’Assemblée, l’UMP s’en est donc donné à cœur joie, par la voix du député du Morbihan, Marc Le Fur. « Que s’est-il passé ? » a-t-il demandé au chef du gouvernement, expliquant que le 1er ministre n’avait pas respecté l’indépendance du Conseil Constitutionnel. « Les Français espéraient une équipe de France. Ils ont le sentiment que l’entraîneur n’est pas à la hauteur », a conclu Marc Le Fur.
« Je connais parfaitement les principes de la séparation des pouvoirs »
« J’ai peut-être anticipé la décision du Conseil Constitutionnel, sur une éventuelle annulation de la loi sur le logement », a répondu Jean-Marc Ayrault. « Tous les conseils juridiques du gouvernement indique que cette annulation est possible. On ne sait jamais, peut-être que je me suis trompé en anticipant un peu ? Peut-être que le Conseil Constitutionnel nous annoncera cet après-midi une bonne nouvelle (…) ? Je connais parfaitement les principes de la séparation des pouvoirs et j’ai trop de respect pour ces principes et sur la totale indépendance du Conseil Constitutionnel pour qu’il y ait une ambiguïté », a tenu à rappeler le 1er ministre, avant de prévenir ses adversaires politiques : « Si le Conseil décidait d’annuler cette loi, le gouvernement en présentera une immédiatement et elle sera appliquée à Neuilly (la ville dont Nicolas Sarkozy était maire, et qui est loin du compte en matière de logements sociaux, NDLR), comme partout ailleurs ! ».












