Morano: chez les Républicains, on craint un "grand déballage"

Nadine Morano pourrait-elle devenir incontrôlable? Les cadres des Républicains le craignent. - AFP
Nadine Morano a perdu une bataille. Après dix jours de polémique, l'eurodéputée du parti Les Républicains s'est vue retirer mercredi soir la tête de liste pour les régionales dans le Grand Est. Une décision prise officiellement par la commission d'investiture du parti.
Désormais, certains chez les Républicains appellent à l'apaisement. "Nous pensons que ce qu'elle a dit est une erreur mais ne vaut pas d'être exclue", a ainsi affirmé Sébastien Huygues, porte-parole des Républicains. "Cette sortie, ce n'est pas de gaieté de cœur mais c'était indispensable pour que cette liste retrouve une forme de sérénité", abonde Jean-François Lamour. Un point de vue partagé par François Fillon, qui estime qu'on en "fait trop sur cette affaire". L'ancien Premier ministre évoque aussi "un procès en sorcellerie excessif".
Si autant de cadres des Républicains tentent de mettre fin à la polémique, c'est aussi dans la crainte que Nadine Morano devienne incontrôlable et se lance dans un grand déballage contre Nicolas Sarkozy.
"Nadine, c'est sa Valérie Trierweiler à lui!", lance un fidèle de l'ancien président dans Le Parisien. "C'est un amour déçu. Comme elle n'a aucun surmoi, elle peut dire n'importe quoi, partir en vrille".
"J'étais là, Nicolas, quand tu étais en garde à vue!"
Mardi, en plein bureau politique, celle-ci avait déjà montré de quoi elle était capable en lançant: "Toi-même, monsieur le président, quand tu étais en garde à vue, puis quand tu as utilisé le terme fuite d'eau, aucune fidélité ne t'a manqué, surtout pas la mienne". Puis: "j'étais là, Nicolas, quand tu as été mis en examen et que Carla pleurait!". Enfin clou du spectacle, elle avait promis de "dézinguer" Nicolas Sarkozy s'il décidait de lui retirer l'investiture.
Le 6 octobre, c'est dans le bureau du président du parti que se déroule le dialogue, rapporte L'Opinion. "Ecoute, c'est quand même moi qui t'ai fait ministre", tente de la convaincre Nicolas Sarkozy. "C'est moi qui t'ai fait président", rétorque-t-elle, en revendiquant le soutien de nombreux militants.
Privée d'investiture, Nadine Morano va-t-elle mettre ses menaces à exécution et se présenter par exemple sous une autre étiquette? C'est ce que craignent certains élus, dont Jean Rottner, maire de Mulhouse.
"Nadine Morano peut décider d'être candidate aux primaires et donc de polluer quelque part, alors que c'en était une fidèle, la campagne de Nicolas Sarkozy", dit-il sur RMC.
"C'est sa responsabilité", répond sur France Info Philippe Richert, qui avait menacé de démissionner si Nadine Morano était maintenue." Je souhaite que lorsqu'on appartient à un parti on le respecte et on ne soit pas dans une idée d'être préjudiciable par rapport au parti, sinon il faut le quitter. Il faut une certaine éthique en politique". En attendant, Nicolas Sarkozy doit se rendre prochainement dans le Grand Est pour expliquer sa décision.











