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Législatives partielles : amer duel UMP-FN pour les socialistes

BFM Philippe Gril avec Benjamin Smadja
Jean-François Mancel, le candidat UMP et député sortant de la 2e circonscription de l'Oise, durant la campagne. Les électeurs socialistes voteront-ils pour lui dimanche 24 mars lors du second tour qui le verra affronter la candidate du FN.

Jean-François Mancel, le candidat UMP et député sortant de la 2e circonscription de l'Oise, durant la campagne. Les électeurs socialistes voteront-ils pour lui dimanche 24 mars lors du second tour qui le verra affronter la candidate du FN. - -

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L'UMP et le FN vont s'affronter ce dimanche lors du second tour des législatives partielles, dans l'Oise. La direction nationale du PS appelle à bloquer le Front national, mais le candidat UMP est considéré localement comme trop favorable au FN. Un casse-tête pour les socialistes.

Pour les électeurs socialistes, c’est un peu le choix entre la peste et le choléra. C’est en effet un duel UMP-FN que les électeurs de la 2e circonscription de l'Oise vont devoir arbitrer ce dimanche, pour le second tour des législatives partielles. Jean-François Mancel (UMP), dont la réélection en juin avait été invalidée par le Conseil constitutionnel, est arrivé largement en tête avec 40,61% des suffrages lors d’un 1er tour boudé par les électeurs, avec plus de 67% d’abstention. Le candidat de la droite, député de la circonscription depuis 1978, affrontera au second tour la candidate du FN Florence Italiani (26,58% des voix).
Si cet affrontement UMP-FN a lieu, c’est parce que la candidate socialiste Sylvie Houssin n'est pas parvenue à accéder au second tour. Avec 21,37% des suffrages, elle ne dépasse pas le seuil des 12,5% des inscrits qui lui auraient permis de se qualifier. La forte abstention a donc permis d’éviter une triangulaire.

« Les électeurs du FN doivent faire partie de la droite de demain »

Pour ce second tour, la direction PS a appelé « à faire barrage au Front national sans hésitation », et donc à voter pour le candidat de l’UMP. Mais contrairement à la direction de son parti, Sylvie Houssin s'est refusé à donner une consigne de vote, estimant que le choix entre le candidat UMP et celle du FN se résumait à une option entre « la droite extrême et l'extrême droite ». Cet antagonisme local remonte à 1998, lorsque Jean-François Mancel estimait, dans une interview au journal Le Monde, que le FN devait « se rendre compte qu'il doit devenir une partie de la droite de demain ». Pour cette déclaration, il avait été exclu du RPR par Philippe Séguin, alors président du parti.
13 ans après, Jean-François Mancel ne regrette rien : « J'ai toujours été opposé au Front national. Mais du FN en tant que formation politique. Moi je ne suis pas l'adversaire des électeurs du Front National. Et c'est ce message que j'avais lancé en 1998, et que je ne regrette pas, à la virgule près. Moi je continue de penser que les électeurs du FN doivent faire partie de la droite de demain. Et pourquoi pas un certain nombre d'élus si leurs positions sont conformes à nos idées et à nos valeurs ».

Le choix entre « la droite extrême et l'extrême droite »

Le Front national s’amuse en tout cas de la situation, dont il entend tirer profit. « C'est tout le paradoxe de monsieur Mancel qui a fait un programme de Front National pour récupérer les électeurs du FN, et maintenant il espère récupérer les voix de gauche. Où sont ses intérêts ? », se gausse sur RMC Florence Italiani.Pour Michel Guiniot, son secrétaire départemental, « la position du PS est extrêmement délicate localement. Je pense que ce qui a été fait au niveau national par son premier secrétaire Harlem Désir n'est absolument pas apprécié par les militants locaux. Ces militants dénoncent depuis des années les turpitudes de monsieur Mancel, et aujourd'hui on leur demande de voter pour lui ». « Les gens qui s'abstiendront feront le jeu de monsieur Mancel. Ceux qui veulent faire battre Mancel doivent aller voter pour madame Italiani », conseille-t-il aux électeurs socialistes. Ils devraient être nombreux à préférer Drucker à l’isoloir.