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Le soutien à Cahuzac, en attendant l’enquête préliminaire

BFM Jean-François Achilli
Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC

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Alors que le bras de fer entre Jérôme Cahuzac et le site d’information Mediapart continue à propos d'un supposé compte en Suisse, l'Élysée et Matignon ont apporté mardi soir leur soutien au ministre du budget. Difficile de faire autrement…

Il suffit de relire les éléments de langage repris toute la soirée par les entourages de François Hollande, de Jean-Marc Ayrault, mais aussi par les membres du gouvernement : chaque mot a été savamment pesé. « Il est ministre. Jérôme Cahuzac a le soutien du président, tant que la justice n’a pas prouvé qu’il y a un problème », a déclaré un proche du chef de l’Etat, qui a ajouté : « que la justice fasse donc son travail. Cela va durer des mois, mais comme le ministre du budget a donné sa parole au président qu’il n’y avait rien dans le dossier - ce qu’il a refait à la télévision devant des millions de Français- il n’y a donc pas de raison de s’inquiéter. Tant que le contraire n’est pas prouvé ». Voilà pour la ligne de défense, prudente, dans ce nouvel épisode du feuilleton qui vise Jérôme Cahuzac. A savoir : le parquet de Paris qui a ouvert une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale, pour vérifier si le ministre du budget a effectivement ouvert un compte en Suisse comme l’affirme Mediapart.

François Hollande et Jean-Marc Ayrault le soutiennent réellement ?

Pour l’instant, c’est oui. Je vous rappelle que Jérôme Cahuzac est mis en cause dans un article, qu’il n’est pas mis en examen, encore moins condamné, juste soupçonné par un site d’information qui n’a jamais avancé aucune preuve. Il ne s’agit pour l’instant que d’affirmations. Un ministre de premier plan faisait remarquer hier soir (mardi) qu’il était rare de voir l’exécutif réagir aussi rapidement. En fait, tout le monde pour l’instant veut se convaincre qu’il n’y a pas de souci, selon un haut responsable socialiste, qui met en garde, sur le plan médiatique : « attention, à trop dire qu’on est innocent, les gens finissent par croire qu’on est coupable ». Surtout quand la justice s’en mêle, même si le ministre affirme que cela lui permettra de prouver son innocence.

Il y a eu un précédent : Éric Woerth, dans la tourmente en 2010 de l’affaire Bettencourt, soutenu par Nicolas Sarkozy.

Le président de l’époque n’avait pas voulu ou pu faire autrement: le ministre du travail était en pleine négociation sur les retraites, réforme phare du précédent quinquennat. Pas question alors de le débrancher. Mais Eric Woerth n’était plus à ce moment au budget. Ce qui peut poser problème aujourd’hui, selon un ancien ministre, est la position même de Jérôme Cahuzac. La justice, dans son enquête d’ordre fiscal, devrait utiliser des réseaux et entendre des membres de l’administration qui dépendent de Bercy. Donc du ministre.

Au final, cette enquête préliminaire est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Publiquement, il est normal que Jérôme Cahuzac s’en félicite, comme il l’a fait hier. Lui non plus n’avait pas le choix. Mais un fin connaisseur du dossier s’interroge : le ministre du budget n’est-il pas en train de payer sa surexposition médiatique, une radio dimanche, le débat télévisé avec Mélenchon lundi soir. N’aurait-il peut-être pas dû rester en retrait, jusqu’à ce qu’il fasse la démonstration de son innocence, qu’il clame depuis un mois, alors que Médiapart n’a, à ce jour, toujours rien prouvé.

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce mercredi 9 janvier