Le PS salue Cahuzac, l'UMP rappelle le cas Woerth

Jérôme Cahuzac passe la main mercredi à Bernard Cazeneuve au ministère du Budget après avoir présenté sa démission la veille suite à l'annonce de l'ouverture d'une information judiciaire, notamment sur l'éventuelle détention illégale d'un compte bancaire - -
PARIS (Reuters) - Jérôme Cahuzac passe la main mercredi à Bernard Cazeneuve au ministère du Budget après avoir présenté sa démission la veille suite à l'annonce de l'ouverture d'une information judiciaire, notamment sur l'éventuelle détention illégale d'un compte bancaire en Suisse.
Plusieurs responsables du Parti socialiste ont apporté leur soutien au ministre démissionnaire et insisté sur le caractère "exemplaire" de la décision qui a conduit à son départ.
L'UMP a fait preuve de modération dans ses réactions, tout en reprochant au PS son comportement "ignoble" vis-à-vis d'Eric Woerth, ancien ministre du Budget qui avait été pris dans une tourmente similaire sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Bernard Cazeneuve, jusqu'ici ministre des Affaires européennes, a déclaré croire à la sincérité de celui qu'il remplace au ministère du Budget, dont il est proche et qui a démenti à plusieurs reprises avoir détenu un compte en Suisse.
"Je pense que le fonctionnement des institutions aujourd'hui fait que, lorsque des circonstances auxquelles Jérôme Cahuzac est confronté adviennent, il n'y a pas d'autres chemin" que la démission, a-t-il dit sur RTL.
"Mais cela ne change rien quant à mon sentiment le concernant et concernant la véracité de ses propres affirmations", a-t-il ajouté.
"C'est difficile de remplacer Jérôme Cahuzac, on peut lui succéder, on ne peut pas le remplacer", a par la suite déclaré Bernard Cazeneuve sur i>TÉLÉ, au sortir du conseil des ministres. "Ça a été un ministre du Budget extrêmement efficace, très compétent (...) et c'est dans la continuité de son action que je vais inscrire la mienne en me rendant dès à présent à Bercy."
"PRÉTENTION INSUPPORTABLE DE LA GAUCHE"
Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a insisté sur l'exemplarité d'une décision prise très rapidement après l'annonce de l'ouverture d'une information judiciaire.
"Il a fallu trois heures pour prendre la décision de dire 'à partir du moment où un juge décide d'aller plus loin, il faut qu'il puisse se défendre'", a-t-il déclaré sur Canal+.
"C'est ce qu'il va faire. Moi je lui accorde toujours la même confiance (....) dites-moi dans quel gouvernement précédent les choses se sont passées de la même façon", a-t-il ajouté.
Interrogé sur France Info, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, a déclaré qu'il fallait "laisser faire la justice".
"Nous en tirerons les enseignements lorsque la justice aura été au bout de son enquête", a-t-il dit. "On ne va pas se comporter de manière ignoble comme le faisait Monsieur Ayrault en colportant des rumeurs médiatiques (...) à l'adresse d'Eric Woerth", a-t-il ajouté.
Seul l'ancien ministre des affaires étrangères Alain Juppé est allé plus loin, en estimant sur BFM TV et RMC que cet événement "fragilisait considérablement le gouvernement et le président de la République."
"Il y a d'abord cette prétention insupportable de la gauche à faire la morale à tout le monde en se prétendant irréprochable. C'est terminé, tout le monde à ses ennuis", a-t-il dit.
Yann Le Guernigou, avec Chine Labbé, édité par Patrick Vignal












