Le Nouveau centre fait un pas de plus vers une candidature en 2012
par Yann Le Guernigou
VINCENNES, Val-de-Marne (Reuters) - Le président du Nouveau Centre (NC), Hervé Morin, a obtenu samedi un vote de confiance massif de ses troupes en faveur de la présence d'un candidat centriste à la présidentielle 2012.
Réuni à Vincennes, le conseil national de la formation a adopté à la quasi-unanimité - moins une voix contre et une abstention - une résolution jugeant cette candidature "absolument indispensable", contre l'avis de l'Elysée qui veut une union de la majorité dès le premier tour.
"Je dis et je redis, même si ça ne fait pas plaisir à tout le monde : nous aurons un candidat à l'élection présidentielle", a dit Hervé Morin.
Le NC se sent conforté dans ses ambitions par la publication, samedi dans le Journal du Dimanche, d'un sondage Ifop pour la Lettre de l'opinion montrant que 64% des Français souhaitent une candidature centriste en 2012.
Le choix du candidat soutenu par le NC se fera lors d'un congrès à l'automne et Hervé Morin a une nouvelle fois indiqué clairement qu'il entendait être de la partie.
"Personne ne m'interdira de commencer à y penser en préparant le repas dans ma cuisine", a-t-il dit en plagiant Nicolas Sarkozy qui, encore ministre, déclarait penser à l'Elysée en se rasant le matin.
Hervé Morin devra toutefois pour cela surmonter l'obstacle Jean-Louis Borloo, un certain nombre de responsables du NC ayant publiquement exprimé leur préférence pour l'ancien ministre de l'Ecologie, mieux à même selon eux d'incarner une candidature de la famille centriste du fait de sa plus forte notoriété.
L'intéressé s'est bien gardé jusqu'ici de dévoiler ses intentions. Mais il a esquissé cette semaine ce qui ressemble à un premier pas en annonçant que son Parti radical se prononcerait en mai sur son départ éventuel de l'UMP pour constituer une "confédération des centres".
La résolution adoptée samedi par le NC appelle aussi à un rassemblement de la famille centriste sous une forme identique, avec un préalable, celui de l'indépendance vis-à-vis de toute autre formation.
MORIN RENCONTRE SARKOZY MARDI
Les anciens amis de François Bayrou, qui avaient rallié Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle de 2007, ont pris une longueur d'avance sur les radicaux avec l'annonce samedi du ralliement prochain de l'Alliance centriste à leur projet de confédération.
L'animateur de ce petit parti, le sénateur de la Mayenne Jean Arthuis, est venu l'annoncer lui-même devant le petit millier de responsables du NC réunis à Vincennes.
Mais le président de la commission des Finances du Sénat, qui n'a pas coupé les ponts avec François Bayrou, a assorti sa démarche de plusieurs conditions, notamment que la confédération soit ouverte à tous ceux qui se réclament du centre.
Il entend aussi que son candidat, au cas fort probable où il ne pourrait se maintenir après le premier tour en 2012, accepte de discuter avec les deux qui resteront en lice.
Cette idée reste un anathème pour le NC, qui s'inscrit résolument dans la majorité actuelle et voit dans le président du Modem l'incarnation d'un "centrisme d'opposition".
En attendant de clarifier les choses, Hervé Morin a déclaré qu'il y avait un vrai espace pour les idées du centre, estimant que l'UMP démontrait "jour après jour (...) qu'il n'est pas possible d'être un grand parti de droite et du centre".
Il en veut pour preuve le monopole de la sensibilité gaulliste de l'UMP sur tous les grands postes ministériels et les débats controversés - remise en cause des 35 heures, statut des fonctionnaires - ouverts par le nouveau patron de la formation présidentielle, Jean-François Copé, et ses proches.
L'ancien ministre de la Défense, qui sera reçu mardi à l'Elysée par Nicolas Sarkozy, s'en est pris en outre de façon virulente aux cafouillages de la politique du gouvernement, à commencer par sa réaction récente aux événements de Tunisie.
"On ne peut pas, le dimanche, saluer la libération de (l'opposante birmane) Aung San Suu Kyi et le lundi proposer à (l'ancien président tunisien Zine) Ben Ali notre aide pour former sa police", a-t-il dit.
édité par Marc Angrand












