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Le mea culpa d'Alliot-Marie met fin à l'affaire, dit Baroin

Le porte-parole du gouvernement français exclut le départ de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie car elle a déclaré qu'elle ne recommencerait pas les actes reprochés lors de vacances en Tunisie. /Photo prise le 2 février 2011/REUTERS/

Le porte-parole du gouvernement français exclut le départ de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie car elle a déclaré qu'elle ne recommencerait pas les actes reprochés lors de vacances en Tunisie. /Photo prise le 2 février 2011/REUTERS/ - -

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PARIS (Reuters) - Le porte-parole du gouvernement français exclut le départ de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie car elle a...

PARIS (Reuters) - Le porte-parole du gouvernement français exclut le départ de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie car elle a déclaré qu'elle ne recommencerait pas les actes reprochés lors de vacances en Tunisie.

L'opposition de gauche demande sa démission en raison des largesses accordées fin décembre par un homme d'affaires jugé proche du régime de l'ancien président Zine ben Ali, chassé par des manifestations de rue le 14 janvier.

Sur France info, François Baroin, porte-parole du gouvernement, n'a pas défendu cette pratique mais a pris acte des explications de sa collègue sur France 2, mercredi soir.

"Michèle Alliot-Marie s'est expliquée, elle a même fait son mea culpa, elle a dit qu'elle ne le referait pas. Je crois honnêtement que c'est un ultra-épiphénomène au regard de la situation au Moyen-Orient qui nous préoccupe beaucoup plus", a-t-il dit.

"C'est un sujet qui est déjà derrière nous. Ça montre qu'elle n'est pas droit dans ses bottes, elle a fait un mea culpa, et voila, l'affaire est close", a-t-il ajouté.

Michèle Alliot-Marie a passé ses vacances de fin d'année 2010 en Tunisie avec ses parents et son compagnon Patrick Ollier, autre membre du gouvernement, alors que les manifestations violemment réprimées avaient déjà commencé depuis le 17 décembre.

Le patron tunisien qui lui a prêté son avion pour un déplacement intérieur, Aziz Miled, avait exprimé son soutien au régime de Ben Ali. Michèle Alliot-Marie reconnaît ne pas avoir payé l'avion mais assure l'avoir fait pour son séjour, sans avoir cependant produit les factures et le prix.

La ministre présente Aziz Miled comme une "victime" du régime ben Ali, mais il est apparu qu'il a cosigné l'an passé une tribune appelant le président à se présenter à l'élection de 2014 et qu'il figure sur la liste des personnes dont la Suisse a gelé les avoirs après la fuite du président.

Le 11 janvier, de retour à Paris, Michèle Alliot-Marie a proposé à l'Assemblée nationale l'aide de la France au régime Ben Ali pour réprimer les manifestations. Le 12, des autorisations de livraison de grenades lacrymogènes ont été signées par son ministère et celui de François Baroin.

"Ce n'est pas du matériel de guerre, c'est du matériel de maintien de l'ordre. Le processus était normal, il n'y a rien de choquant à cela", a dit François Baroin.

Sur LCI, l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a jugé la diplomatie française affaiblie.

"L'addition d'une cécité vis-à-vis de ce qu'était le régime tunisien, d'une certaine complaisance plus une incompréhension de la politique moderne, ça donne ce résultat qui affaiblit énormément la diplomatie française.

Thierry Lévêque, édité par Jean-Philippe Lefief