La loi contre l'absentéisme scolaire jugée inefficace

Le Sénat examine ce jeudi une proposition de loi visant à abroger le texte permettant de supendre les allocations familiales de certains foyers en raison de l'absentéisme scolaire de leurs enfants. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau - -
PARIS (Reuters) - Sur l'année scolaire 2011-2012, 619 foyers en France ont vu leurs allocations familiales suspendues en raison de l'absentéisme scolaire de leurs enfants, annonce la jeudi ministre déléguée à la Réussite éducative.
Seuls 142 d'entre eux ont demandé un rétablissement de leurs allocations, ajoute George Pau-Langevin, qui conclut que ce dispositif a été inefficace dans 77% des cas.
"Je crois que s'il y a un point sur lequel tout le monde est d'accord aujourd'hui (...) c'est l'inefficacité de cette loi", dit-elle dans un entretien au Parisien.
"J'en veux pour preuve les chiffres qui nous ont été transmis pour l'année scolaire 2011-2012", ajoute-t-elle.
La ministre déléguée auprès du ministre de l'Education dit souhaiter l'abrogation de la loi Ciotti qui a mis en place ce dispositif visant à lutter contre l'absentéisme scolaire.
Le Sénat doit examiner ce jeudi une proposition de loi visant précisément à abroger le texte du député UMP des Alpes-Maritimes.
Le texte d'Eric Ciotti, adopté en janvier 2011, prévoit l'envoi d'un avertissement à tout élève absent plus de quatre demi-journées par mois sans justification.
Le directeur de l'établissement en informe alors l'inspecteur d'académie qui rencontre les parents tout en saisissant le président du Conseil général afin que soit mis en place un contrat de "responsabilité parentale".
Si, au cours du mois suivant, l'absentéisme de l'élève est à nouveau constaté, l'inspecteur d'académie a alors "l'obligation" de saisir le directeur de la caisse des allocations familiales pour suspendre le versement des allocations.
Le nombre d'élèves absentéistes en France est estimé à 300.000, rappelle George Pau-Langevin.
Chine Labbé, édité par Patrick Vignal












