La contrepartie du pacte de responsabilité, c’est qu’Ayrault reste à Matignon !

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno c'est tous les jours sur RMC à 8h25. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE
On l’a dit et répété : le patronat ne pouvait pas s’engager sur un nombre d’emplois à créer mais il y a au moins un emploi sauvé, celui de Jean-Marc Ayrault. C’est une contrepartie politique : François Hollande va s’appuyer sur ce début de pacte pour lancer la 2è phase de son quinquennat et cet accord lui donne un peu d’oxygène, ce qui le dispense d’un changement de Premier ministre – qui est une décision toujours risquée.
Ça ne veut pas dire pour autant qu'Ayrault reprend du poids politique ; il regagne du temps. François Hollande ne lui donne pas un emploi d’avenir – ça ressemble plutôt à un CDD d’un an.
Un an, ça signifie qu'Ayrault resterait jusqu'aux élections régionales de 2015. Mais il y aura quand même un remaniement....
L’opinion attend du changement et le gouvernement est trop diminué pour ne pas être remanié. Des ministres ont fait leurs preuves mais d’autres ont fait leur temps. Pour garder un Premier ministre affaibli, François Hollande doit au moins remplacer les amateurs par des professionnels.
Comme il y a plus d’amateurs que de pros, ça fera un gouvernement resserré. Ayrault, lui, va tenter d’écarter non pas ceux qu’il n’apprécie pas (il y en aurait trop) mais les ministres qui, parmi ceux-là, sont fragilisés. Il ne peut toucher Valls, ni Duflot, ni Montebourg, mais Moscovici et Peillon sont sur sa liste. On mesurera ce qui lui reste d’influence au nombre de têtes qu’il obtiendra.
Après tout ce qui a été dit sur sa disgrâce, si Ayrault se maintient à Matignon, est-ce que cela change quelque chose dans sa relation avec Hollande?
Sans doute, mais pas dans le sens d’un renforcement du Premier ministre. Ayrault va être prolongé mais relégué. François Hollande a pris les commandes de la politique économique, il pilote en direct la politique budgétaire, il a balayé la réforme fiscale voulue par Ayrault et on a bien compris que dans le pacte de responsabilité, Matignon présentera le pacte mais n’en aura pas la responsabilité.
Le vote de confiance de l’Assemblée (sans doute fin avril) validera le cap fixé par Hollande, pas le choix de Jean-Marc Ayrault. Sous Sarkozy le Prermier ministre était un "collaborateur" ; François Hollande va faire de Jean-Marc Ayrault au mieux un fondé de pouvoir, au pire un intendant.
Sarkozy aussi avait tellement hésité à remplacer François Fillon qu'en définitive, il l'a gardé pendant cinq ans. Le scénario est possible avec Ayrault?
François Hollande n’adore pas trancher dans le vif. On sait qu’il est obsédé à l’idée de se distinguer de Nicolas Sarkozy – et d’ailleurs, Sarkozy convient que c’était une erreur de garder Fillon cinq ans. La loyauté d' Ayrault n’est pas en cause mais sa relation avec Hollande est abîmée.
Et surtout, François Hollande s’attend à ce que la situation politique se dégrade encore d’ici un an ; il veut garder la carte du changement de Premier ministre pour le moment où il n’aura plus le choix. C’est de cette façon qu’il a réglé – tant bien que mal – son problème de "1ère dame" ; il lui reste à régler le problème de son Premier ministre.
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