BFM

Jean-Christophe Lagarde seul candidat à sa succession à l'UDI

BFM M. F. avec AFP
Jean-Christophe Lagarde sera réelu président de l'UDI samedi à Paris.

Jean-Christophe Lagarde sera réelu président de l'UDI samedi à Paris. - ALAIN JOCARD / AFP

Téléchargez la nouvelle application BFM
Le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, seul candidat à sa succession, sera réélu samedi à Paris lors du congrès de la formation centriste. Il se voit en "partenaire libre" de la majorité avant d'engager des discussions sur les Européennes.

Jean-Christophe Lagarde, seul candidat à sa succession, sera réélu président de l'UDI samedi à Paris, lors du congrès de la formation centriste qui veut mettre au défi la majorité d'accepter un "partenaire libre", avant une éventuelle alliance aux Européennes.

Le député de Seine-Saint-Denis devrait donc rempiler pour un mandat de trois ans. Un temps candidat, Louis Giscard d'Estaing a finalement renoncé à concourir, déplorant un parti "rétréci". "J'aurais préféré qu'il soit candidat, ça permettait un débat" mais "le débat a lieu sans lui", a assuré Jean-Christophe Lagarde jeudi.

"Nous ne devons nos sièges qu'à nous-mêmes"

Pour Jean-Christophe Lagarde, qui préside l'UDI depuis 2014, le parti est désormais "unifié, pacifié et libéré". "On n'est plus entravé, coincé par des guerres intestines qui paralysaient la machine, et c'est quand même une nouveauté chez les centristes", assure-t-il.

Contrairement au MoDem de François Bayrou, allié de La République en marche au sein de la majorité, "nous ne devons nos sièges qu'à nous-mêmes. Cela nous donne une grande liberté pour dire quand le gouvernement engrange des succès, et aussi quand il commet des erreurs", argumente Jean-Christophe Lagarde qui cite, au rang des erreurs, la hausse de la CSG, la baisse des APL et l'abaissement uniforme de la vitesse à 80 km/H sur les routes nationales. 

"Partenaire libre" 

Fort de cette "indépendance", de sa cinquantaine de parlementaires et de quelque "300 à 400 maires de villes moyennes", l'UDI se voit en "partenaire libre" de la majorité.

"Après son élection, Emmanuel Macron et sa majorité n'écoutaient qu'eux-mêmes, comme le PS, l'UMP, toutes les majorités en leur temps". Mais "ils sont en train d'évoluer". "On verra si pour une fois une majorité est capable d'accepter un partenaire libre", lance Jean-Christophe Lagarde. 

Même idéal européen que Macron

Parmi les principaux chantiers qui attendent les centristes: l'Europe, qui fera l'objet d'un Conseil national au mois de juin. "On partage le même idéal européen qu'Emmanuel Macron, il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre nous", explique le porte-parole et député Maurice Leroy.

Faut-il dès lors faire liste commune avec LREM et le MoDem pour les élections européennes de 2019, premier scrutin intermédiaire du quinquennat ? Jean-Christophe Lagarde ne "croi[t] pas qu'il y ait la place pour deux listes fédéralistes. Mais nous voulons la porter. Si c'est le cas de LREM, parlons-en, mais avant et surtout, parlons du programme".

"Wauquiez, un roi sans royaume"

D'ici là, le parti a décrété la fin de l'alliance systématique avec Les Républicains. Sous l'impulsion de Laurent Wauquiez, "la droite dérive vers son extrême et renie le virage européen que nous lui avions fait prendre". Et avec l'appel de Marine Le Pen à voter pour LR à Mayotte, "le rapprochement idéologique se poursuit", juge Jean-Christophe Lagarde qui ambitionne de "rassembler le centre et la droite de progrès".

"Les jambes ne suivent plus la tête à l'UDI", un parti "totalement atomisé" avec à sa tête "un roi sans royaume", rétorque-t-on chez LR, où l'on rappelle les listes d'union de la droite et du centre élaborées lors des élections régionales, comme en Auvergne-Rhône-Alpes, dirigée par Laurent Wauquiez.