Il n'est pas trop tard pour intervenir en Libye, dit Alain Juppé

Dans un billet intitulé "Notre honneur" posté mercredi sur son blog, le chef de la diplomatie française Alain Juppé estime qu'il n'est pas encore trop tard pour intervenir militairement afin d'empêcher Mouammar Kadhafi d'écraser les rebelles dans son pays - -
Dans un billet intitulé "Notre honneur" posté mercredi sur son blog, le chef de la diplomatie française se désole des atermoiements de la communauté internationale face à la rapide reconquête menée par le régime libyen.
"Il ne suffit pas de proclamer, comme l'ont fait à peu près toutes les grandes démocraties, que 'Kadhafi doit partir'. Il faut se donner les moyens d'aider efficacement ceux qui ont pris les armes contre sa dictature", écrit-il.
Les ministres des Affaires étrangères du G8 réunis mardi à Paris ne sont pas parvenus à un accord sur l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, qui a été rejetée par Berlin et jugée avec circonspection par Moscou.
Un projet de résolution en ce sens a été mis en circulation mercredi au Conseil de sécurité de l'Onu par la France et le Royaume-Uni après l'appui que lui a apporté la Ligue arabe, mais le représentant permanent de la France aux Nations unies, Gérard Araud, a déclaré mardi que Paris était "profondément affligé" par l'incapacité des grandes puissances à réagir.
"Or il y a urgence", écrit Alain Juppé en soulignant que les sanctions décidées par les Nations Unies et l'Union européenne ne donneront de résultats qu'au bout de plusieurs mois.
FRAPPES CIBLÉES
"Seule la menace de l'emploi de la force peut arrêter Kadhafi. C'est en bombardant, avec les quelques dizaines d'avions et d'hélicoptères dont il dispose réellement, les positions de ses opposants que le dictateur libyen a renversé la balance", ajoute-t-il sur son blog.
"Nous pouv(i)ons neutraliser ses moyens aériens par des frappes ciblées. C'est ce que la France et la Grande-Bretagne proposent depuis deux semaines", poursuit-il.
Saïf al Islam Kadhafi, fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a estimé dans une interview diffusée mercredi sur Euronews que les forces régulières libyennes auront repris le contrôle de tout le pays dans les prochaines 48 heures.
"Dans 48 heures, tout sera fini. Nos forces sont presque à Benghazi", la place forte des rebelles, dit-il.
Quelle que soit la décision de la communauté internationale contre le régime libyen, "ce sera trop tard", ajoute-t-il.
Alain Juppé souligne que la première condition, "le soutien mais aussi la participation effective de pays arabes" est "en voie d'être remplie", plusieurs pays arabes ayant assuré à la France qu'ils participeraient à une intervention militaire.
Mais le feu vert du Conseil de sécurité tarde à venir.
"Il est souvent arrivé dans notre histoire contemporaine que la faiblesse des démocraties laisse le champ libre aux dictatures. Il n'est pas encore trop tard pour faire mentir cette règle. Ce sera l'honneur de la France d'avoir tout tenté pour y parvenir", conclut Alain Juppé.












