Hollande juge que les frondeurs ont été un "coup d'épée dans le dos" pour lui et raille Mélenchon

François Hollande a fait irruption ce jeudi dans la chronique politique en accordant un long entretien à RTL. S'il a évoqué ses regrets personnels, il a aussi critiqué l'action d'autres acteurs de la vie politique. Il a ainsi vertement dénoncé les positions des "frondeurs" sous son quinquennat. "C’est un coup d’épée dans le dos, on peut le dire comme ça." Mais ne meurt-on pas d'un coup d'épée dans le dos? "On peut en tous cas en être sérieusement blessé, mais je m’en suis rétabli. C’était quand même une difficulté supplémentaire." Une difficulté à laquelle il ne pouvait pas couper selon lui: "S’il avait fallu les exclure, je pense que je n’aurais même plus eu de majorité durant mon quinquennat."
Sans évoquer alors ces opposants de l'intérieur, il a toutefois semblé se justifier à leurs yeux ensuite: "Cette politique devait susciter la confiance, il ne devait pas y avoir de doute mais néanmoins, les Français aujourd’hui peuvent le constater plus facilement, la croissance était nulle en 2012 lorsque je suis arrivé. Elle est maintenant sur un rythme de 2%. Les emplois étaient en train d’être détruits, nous en avons créé 500.000 sur les deux dernières années et les comptes publics ont été rétablis. A partir de là, nous avons quand même fait des avancées sociales permettant le compte pénibilité, le départ à la retraite de ceux qui avaient travaillé longtemps…"
"La stratégie de Mélenchon est une bénédiction pour le gouvernement"
A gauche toujours, Jean-Luc Mélenchon, avec lequel il entretient une inimité notoire, en a pris pour son grade. Alors que Marc-Olivier Fogiel cherchait à savoir si son adversaire n'incarnait pas aujourd'hui la gauche, François Hollande a rétorqué: "Vous vous trompez". Alors que Jean-Luc Mélenchon avait pendant la campagne "entraîné, mobilisé, notamment la jeunesse", et qu'il "pouvait jouer un rôle de rassemblement", il "s'est installé dans le rôle de convocation de manifestations qui ont été autant d'échecs que d'objectifs qui avaient été de manière présomptueuse annoncés".
"Il devait y avoir 1,5 million (de manifestants) sur les Champs-Elysées, vous les avez vus vous ? (...) Cette stratégie qui a consisté à vouloir s'opposer par la rue a été finalement une bénédiction pour le gouvernement et le président (...). Je pense qu'avec un opposant comme celui-là les pouvoirs ont de beaux jours devant eux", a raillé l'ex-président.
"Le rôle d'une opposition crédible, d'une opposition de gauche c'est de formuler des propositions, c'est de montrer ce qui est bien dans l'action gouvernementale et ce qui peut être critiqué. C'est d'avoir une capacité à former une alternative. Et puis c'est aussi de pouvoir fixer des lignes claires, l'Europe en est une", a poursuivi François Hollande.












