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Harcèlement sexuel: pour Rachida Dati, les sanctions ne sont pas à la hauteur

BFM Robin Verner
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Rachida Dati, ancienne Garde des Sceaux de François Fillon et actuellement maire du 7e arrondissement de Paris, était l'invitée de Ruth Elkrief ce mercredi soir. Au sujet du harcèlement sexuel, et en pleine affaire Weinstein, elle a appelé à ne plus craindre de dénoncer le comportement de certains membres des élites.

Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice de François Fillon et actuellement maire du 7e arrondissement de Paris et députée européenne, était l'invitée de Ruth Elkrief ce mercredi soir sur notre antenne. Interrogée au sujet de l'affaire Weinstein, elle a étendu la question à l'ensemble des cas de harcèlement sexuel aujourd'hui dénoncés, et a fustigé le silence régnant dans certaines sphères de la société: "Cette histoire révèle, comme toujours, que les élites s’auto-protègent. On critique les banlieues, ces garçons qui empêchent les filles de s’habiller comme elles veulent, mais là c’est encore beaucoup plus grave."

"Ce qui me gêne, c'est le harcèlement d'hommes de pouvoir"

Rachida Dati n'est toutefois pas convaincue par les récentes initiatives très suivies sur les réseaux sociaux, où de très nombreuses femmes font état de harcèlement sexuel ou d'agressions sexuelles à la suite des hashtags comme #BalanceTonPorc ou encore #MoiAussi: "Ces témoignages sur les réseaux sociaux me gênent car la question n’est pas là. (…) Le harcèlement de rue sur lequel on veut légiférer: franchement, celui qui vous siffle dans la rue, c’est un peu facile ce que je dis, mais vous le méprisez, vous lui mettez une calotte si vous voulez". Pour elle, le problème est ailleurs: "Mais moi ce qui me gêne, c’est ce harcèlement d’hommes de pouvoir sur des femmes qui parfois n’ont pas le choix ou prennent sur elles."

Rachida Dati se souvient de l'exemple de Dominique Strauss-Kahn, qui a été accusé d'agression sexuelle par une femme de ménage dans un hôtel de New York en 2011. "Les journalistes n’étaient pas au courant de l’affaire Strauss-Kahn ? Soyons honnêtes, tout le monde en parlait. Et ça a été révélé au détour d’un drame. Aujourd’hui, il faut cesser de protéger ces élites, les dénoncer et il faut que les sanctions soient fortement dissuasives. Aujourd’hui, elles ne sont pas à la hauteur."