"Nuit debout", jeunesse: Manuel Valls soigne sa gauche

"La jeunesse a le sentiment légitime que la société ne se préoccupe pas d'elle", a estimé mardi dans un entretien au journal Libération le Premier ministre Manuel Valls, reconnaissant que "le mouvement Nuit debout l'exprime à sa manière".
"Je ne laisserai jamais dire que nous n'avons rien fait pour la jeunesse depuis 2012. Au contraire. Jamais autant n'a été fait en matière d'éducation, de formation, de logement, d'accès à l'emploi", se défend en préambule le Premier ministre. Avant de reconnaître que "la situation de nombreux jeunes est difficile: un quart des actifs de moins de 25 ans sont au chômage. Notre société a par ailleurs donné le sentiment de se préoccuper davantage des plus âgés".
"Créer du sens pour la jeunesse"
"La jeunesse a le sentiment légitime que la société ne se préoccupe pas d'elle. C'est donc logique qu'elle soit exigeante. C'est un enjeu majeur. Nous avons d'ailleurs fait beaucoup de choses (...)", analyse le Premier ministre.
"Cependant je reconnais que cela ne suffit pas. Il faut aller plus loin et créer du sens pour la jeunesse toute entière. Le mouvement Nuit debout (un mouvement citoyen qui occupe chaque soir la place de la République à Paris depuis le 31 mars et a essaimé dans plusieurs villes, Ndlr) l'exprime à sa manière."
Une "erreur" lors de la présentation de la loi Travail
Manuel Valls se défend ensuite d'avoir présenté lundi des mesures en faveur des étudiants parce que le pouvoir avait peur de la rue:
"En quoi entendre et dialoguer serait un signe de peur ?" demande-t-il. "Le gouvernement a annoncé un plan d'ensemble. Pas seulement pour les étudiants. Pas pour éteindre une contestation. Mais pour répondre aux inquiétudes exprimées."
Quant à la loi Travail, finalement remaniée alors qu’il avait promis "d’aller jusqu’au bout", le chef du gouvernement concède une "erreur":
"Nous n’avons pas réussi à présenter cette réforme de manière positive, mais malgré cette erreur – il faut savoir reconnaître les choses – nous aboutissons à un nouveau texte utile et efficace", plaide-t-il.
Gauche et droite peuvent "se rassembler"
Enfin, interrogé sur le clivage gauche-droite alors que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron vient de lancer un mouvement politique qui se veut "ni à droite, ni à gauche", le chef du gouvernement affirme:
"Le dépassement (des clivages partisans, Ndlr) doit bien partir de quelque part. Pour recomposer, il faut partir d’un camp. Mes racines, c’est la gauche ! Mais je pense que sur des grands sujets, on peut parfaitement se rassembler. Tous les sujets qui relèvent de la sécurité des Français devraient relever d’une forme d’unité nationale."












