Manuel Valls, "provocateur pour exister"

Le Premier ministre Manuel Valls - -
Dans son discours mardi devant les députés, Manuel Valls a dramatisé l'enjeu du vote du plan d'économies en faisant "un moment de vérité" qui "conditionne à la fois la légitimité du gouvernement, sa capacité à gouverner et, surtout, la crédibilité de la France". Problème, la mise en scène n'a pas pris et 41 "frondeurs" de sa majorité ont opposé une fin de non-recevoir à ses solutions. S'ils s'en défendent, la personnalité et les positions politiques du nouveau chef de gouvernement posent problème au sein du PS, et surtout de son aile gauche sur laquelle plâne l'ombre de Martine Aubry.
Pour beaucoup des élus, des militants, des sympathisants voire une partie de l'opposition et de l'opinion, Manuel Valls est l’homme le plus à droite du PS. Le Premier ministre revendique sa doctrine "sociale-libérale" et salue la "gauche moderne" qui l'accompagne dans ses décisions.
"Désormais il y a plus de points d'accord entre l'aile gauche de l'UMP, l'UDI, le Modem et l'aile droite du PS, symbolisée par Valls qu'entre la politique prônée par le Premier ministre et l'aile gauche de sa majorité", pose le politologue Thomas Guénolé pour BFMTV.
Un provocateur assumé
Dans ses propres rangs, Manuel Valls est à part. "Il a travaillé des idées provocatrices au sein de sa propre famille politique pour exister et être identifié comme tel, explique son biographe Jacques Hennen. Très vite cela a énervé ses collègues qui se sont demandés qui était ce jeune trublion habitué à la jouer solo".
Lors de la primaire socialiste de 2011, il a avait mis sur la table le débat autour des 35 heures, façonnant le parallèle avec l'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy. L'initiative ne l'avait pas vraiment servi puisque son score était resté anecdotique avant qu'il ne devienne un maillon fort de l'équipe Hollande. Et pour la méthode favorite des hommes est bien différente.
Si le président de la République est un adepte de la synthèse, Manuel Valls préfère cliver. Un jeu parfois délicat quand on est aux responsabilités mais nécessaire.
Le prochain rendez-vous pour le locataire de Matignon sera le vote du Budget au mois de juin prochain. Une fois encore, il faudra affirmer ses positions. Et limiter la casse.












