Laurent Fabius pourrait-il passer à côté du Conseil constitutionnel?

Laurent Fabius en 2012 dans la cour de l'Elysée. - Kenzo Tribouillard - AFP
Laurent Fabius a-t-il changé d'avis, ou craint-il que les planètes ne puissent s'aligner pour lui réserver le destin qu'il souhaite? Le ministre des Affaires étrangères, en pleine préparation de la COP21 qui doit avoir lieu en décembre à Paris, est donné depuis quelques semaines partant du gouvernement. Une place au chaud l'attendrait à la présidence du Conseil constitutionnel, où il succéderait à Jean-Louis Debré.
Mais depuis quelques jours, Laurent Fabius intrigue. Multipliant les apparitions médiatiques, au Supplément de Canal+ ou encore dans une interview au Journal du dimanche, il se montre très en verve et affirme se sentir très bien au Quai d'Orsay.
Dans le JDD, il met les points sur les i: "Je suis très bien là où je suis. Je n'ai pas l'impression que ce soit le secteur où ça marche le moins bien." Avec le tourisme, la COP21, le développement international, "le ministère a pris une ampleur nouvelle", selon lui. D'ailleurs, le ministre en profite pour ajouter qu'il va organiser au Quai d'Orsay la "nuit des idées"… En janvier 2016. Une campagne d'autopromotion qui peut étonner, alors qu'il est donné partant dès le début de l'année.
Le ministre populaire mais contesté
Laurent Fabius est-il si bien à son poste qu'il ne souhaite plus le quitter, ou François Hollande a-t-il finalement décidé de le garder près de lui? Le chef de la diplomatie "gagne tous les arbitrages", selon un collègue ministre cité par L'Opinion, et rassemble 44% d'opinions positives de la part des Français. Une bonne image qui pourrait être utile au chef de l'Etat, déjà plongé dans la campagne pour la présidentielle de 2017. Mais d'autres ne manquent pas de souligner qu'il est contesté dans son domaine, notamment sur la Syrie.
Le chef de l'Etat souhaite aussi être celui qui est à l'origine d'un renouvellement de générations. A 69 ans, Laurent Fabius pourrait donc quitter le gouvernement… Mais tant que le président n'a pas confirmé son entrée au Conseil constitutionnel, Laurent Fabius ne peut être sûr de rien et sa carrière pourrait s'arrêter plus tôt qu'il ne l'espérait.
Devant lui, ses potentiels successeurs s'agitent, prêts à manœuvrer pour récupérer un poste si prestigieux. A cela s'ajoutent des soucis d'ordre personnel: son fils Thomas est sous le coup d'un mandat d'arrêt aux Etats-Unis, et il a dû démentir des rumeurs persistantes sur son état de santé. L'avenir pourrait s'annoncer moins radieux que prévu.












