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Fiscalité : Parisot met en garde le gouvernement

Laurence Parisot s'entretient avec Arnaud Montebourg à l'occasion de la conférence des ambassadeurs de François Hollande.

Laurence Parisot s'entretient avec Arnaud Montebourg à l'occasion de la conférence des ambassadeurs de François Hollande. - -

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La présidente du Medef, Laurence Parisot, a exprimé ses doutes quant aux projets fiscaux du gouvernement, dont elle attend "de comprendre" quelle sera la politique.

La déclaration de Laurence Parisot, faite à l'occasion d'une interview au Monde dans l'édition datée du mercredi 29 août, intervient à la veille de l'ouverture de l'Université d'été du mouvement patronal. Du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui doit ouvrir mercredi le rendez-vous de rentrée du Medef, Laurence Parisot attend "qu'il soit dans l'ouverture plutôt que dans la défiance, dans l'attention plutôt que dans la suspicion, encourageant plutôt que décourageant."

Le budget 2013 doit contenir les principales réformes fiscales du quinquennat et s'annonce difficile à boucler dans un contexte de crise. Ce sera, selon Laurence Parisot, un "budget historique, qui sera observé et analysé par tous les investisseurs".

Pour Laurence Parisot, ce projet de loi de finances qui sera présenté fin septembre doit encourager "le financement de l'économie" avec pour levier "une fiscalité favorisant l'épargne longue à destination des entreprises", a ajouté la patronne des patrons.

La patronne du Medef estime qu'aligner les impôts sur les revenus du capital et ceux du travail comme le veut le gouvernement "limiterait l'accès aux capitaux, plus personne n'ayant, par exemple, intérêt à placer son épargne en actions si la taxation des plus-values de cession est alourdie."

Elle s'en prend également au projet de taxer à 75% la part des revenus annuels supérieure à un million d'euros, qui "comporte de sérieux risques" : "Une telle taxation ne doit en aucun cas s'appliquer sur les cessions d'entreprise ou de parts d'entreprise, elle ne doit pas non plus amener les investisseurs à se demander si la France va rester ou non une grande puissance économique."

La présidente du Medef juge aussi "désastreux le projet de supprimer ou de plafonner la déductibilité des intérêts d'emprunts contractés lors d'une acquisition de titres de participation", un autre projet du gouvernement. Elle estime qu'un alourdissement de l'Impôt de solidarité sur le fortune (ISF), en y soumettant les biens professionnels, serait "un hara-kiri pour l'économie française".