EDITO - Goodyear : pneu lisse pour le gouvernement

- - -
"Nous ne sommes pas sûrs d'y arriver". Aveu est signé jeudi par Arnaud Montebourg en personne. Le ministre du Redressement productif a annoncé vouloir ramener tout le monde à la table des négociations. Mais dans cette bataille qui dure depuis cinq ans, il n’y a plus trop d'espoir. Fini les projets de nationalisation temporaire comme à Florange, Arnaud Montebourg est obligé aujourd’hui de faire profil bas…
A qui la faute ?
A la crise, aux marchés, à l’américain Goodyear qui restructure. Mais un spécialiste du dossier au sein du gouvernement jugeait jeudi soir la CGT trop intransigeante: Titan autre géant américain était prêt à reprendre l’activité pneu agricole du site Goodyear d’Amiens-nord, 537 salariés, la moitié des effectifs. Les cégétistes réclamaient une garantie d’emploi sur 5 ans. "2 ans, pas plus", a répondu la direction de Titan. La négociation a échoué, Titan s’en est allé. L’usine doit fermer au plus tard fin 2014.
Un désastre pour la région
"Nous allons rencontrer Michel Sapin et Arnaud Montebourg mardi", a annoncé Gilles Demailly, qui mènera une délégation régionale, une semaine avant un nouveau CCE. Deux ministres poids lourds au chevet de Goodyear : pour le maire socialiste de la ville, ce dossier est "national", il ne faut surtout pas le prendre à la légère.
Les promesses du candidat Hollande
C’était en octobre 2011, Arnaud Montebourg en avait faire de même. François Hollande avait promis, en cas d’élection, de faire voter une loi contre les licenciements boursiers, qui se fait toujours attendre. Mais est-elle nécessaire ? Michel Sapin, que j'ai joint jeudi soir, a estimé que si les dispositions de l'accord de sécurisation de l'emploi du 11 janvier avaient été applicables, ce ne serait pas arrivé. Le site aurait pu être sauvé à temps. "Nous devons ramener Titan à la table", a ajouté un Michel Sapin préoccupé.
L'accord du 11 janvier ne suffira pas
Un héritage dont le gouvernement, rattrapé depuis par le principe de réalité, se serait bien passé. L’accord du 11 janvier, qui correspond à un changement de doctrine en France, refusé par le CGT et Force Ouvrière, ne suffira pas à endiguer ces plans sociaux qui renverront à chaque fois François Hollande à ses promesses de campagne, alors que se prépare la bataille des municipales.
>> Ecoutez les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli.
|||
Jean-François Achilli, directeur de la Rédaction de RMC et éditorialiste RMC/BFMTV
Il intègre la rédaction de France Inter en 1998, puis le service politique en 2000, dont il prend la direction en septembre 2008. Il rejoint RMC en décembre 2012 comme directeur de la rédaction et éditorialiste RMC/BFMTV.
>> Suivez-le sur Twitter @jfachilli












