BFM

Gironde : une boucherie recrute en Pologne, faute de candidats

BFM Philippe Gil avec Jean-Baptiste Durand
Face à l’impossibilité de recruter du personnel français, une entreprise de boucherie située dans la banlieue bordelaise s’est vu proposer de recruter des bouchers polonais

Face à l’impossibilité de recruter du personnel français, une entreprise de boucherie située dans la banlieue bordelaise s’est vu proposer de recruter des bouchers polonais - -

Téléchargez la nouvelle application BFM
La Charcuterie Bordelaise, située à Bègles, en Gironde, n'arrive pas à recruter les 40 bouchers dont elle a besoin, malgré un salaire honorable et une formation. Elle pourrait être amenée à recruter en Pologne, au grand désarroi de son patron.

Après le plombier, le boucher polonais. Face à l’impossibilité de recruter du personnel français, une entreprise de boucherie située dans la banlieue bordelaise s’est vue proposer de recruter des bouchers… polonais. En plein essor, la Charcuterie Bordelaise, située à Bègles, en Gironde, a besoin de recruter une quarantaine d'employés d'ici 2014 (20 en 2013). Son patron offre 1 600 euros nets pour 35h. Aucune qualification ni expérience n’est requise, puisque l’entreprise assure même la formation de ses employés.
Pourtant, 6 mois après avoir déposé son offre, le patron, Arnaud Chedhomme, n'a reçu qu’une réponse, celle d’une agence d’intérim polonaise qui l’a contacté pour lui proposer des employés payés 400 euros de moins qu’un Français. Pour l’instant, il n’a pas souhaité donner suite à cette proposition. Il préfère attendre, dans l'espoir d'embaucher des demandeurs d’emploi français, au moment où le chômage est au plus haut dans notre pays.

« On a tellement dénigré la boucherie, on a voulu faire des intellectuels »

« Malheureusement si on n'a pas le choix, on sera obligé de passer par eux, regrette Arnaud Chedhomme. Je préfèrerais faire travailler des Français. Moi je souhaite qu'il y ait plein de jeunes qui viennent nous voir en nous disant : "je veux apprendre un métier". C'est vraiment un métier qui est noble et dont on peut vivre très bien. Les gars peuvent se mettre à leur compte aussi. On a tellement dénigré la boucherie, on a voulu faire des intellectuels. Des CV de marketing, communication, évènementiel, j'en reçois à la pelle. Mais des CV de boucher-charcutier, aucun. On est prêts à former des gens et des jeunes, on en cherche, mais on n’en trouve pas », désespère-t-il.

Bolkenstein et le plombier polonais|||

En 2005, Frits Bolkenstein, le Commissaire européen au marché intérieur, avait proposé une directive européenne de libéralisation des services. Grâce à cette directive, particuliers et entreprises pouvaient employer un salarié européen dans les conditions en vigueur dans son pays. Ainsi, un plombier polonais pouvait venir travailler en France avec un salaire polonais. Ce projet de directive avait entraîné une levée de boucliers et avait finalement été enterré.