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Mélenchon reproche aux syndicats l'échec de la mobilisation sociale

BFM Paul Louis
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Le leader de La France insoumise a dénoncé ce vendredi soir sur notre antenne la "division syndicale" qui a nui, selon lui, "d'une manière terrible" à la mobilisation contre les ordonnances réformant le Code du travail. Pour autant, il appelle toujours à la convergence "des forces politiques et sociales contre les politiques libérales" .

Jean-Luc Mélenchon appelle au sursaut. Invité sur notre antenne ce vendredi, le leader de La France insoumise est longuement revenu sur la faiblesse des mobilisations contre les ordonnances réformant le Code du travail. Selon lui, les syndicats, qui peinent à s’exprimer d’une seule et même voix, sont les principaux responsables de cet échec.

"J’ai voulu interpeller les forces syndicales et associatives. La division syndicale nous a nui d’une manière terrible. Non seulement il y avait la division syndicale, mais les syndicats étaient d’un côté et les politiques de l’autre. On est mis de côté", a déploré le député des Bouches-du-Rhône, illustrant ses propos avec la manifestation de Marseille où deux cortèges distincts ont défilé jeudi.

"Une pagaille insupportable"

Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs affirmé avoir invité les syndicats, après la marche du 23 septembre à l’appel de La France insoumise, à "mener la bataille" à sa place contre la politique d’Emmanuel Macron. Mais pour l’ex-candidat à l’élection présidentielle, le constat est sans appel: "Qu’ont-ils fait de cette mise en retrait? Les divisions ont continué. […] La division est la cause", a-t-il expliqué.

Déplorant une "pagaille insupportable", Jean-Luc Mélenchon en a profité pour lancer un message aux forces syndicales, auxquelles il demande "d’éviter de nous (La France insoumise, NDLR) faire la leçon ou de propager dans nos rangs leurs querelles".

Appel à l’union

Le chef de file de La France insoumise n’est pas résigné pour autant. Il espère voir se former une large union des "forces sociales et politiques contre les politiques libérales": "Nous sommes responsables de ce désordre, si nous n’avions pas été divisés syndicalement, si les forces politiques et les forces syndicales avaient pu marcher ensemble, Monsieur Macron n’aurait pas le point", se persuade-t-il.

Pour l’élu de Marseille, "il faut savoir converger, il faut savoir faire des choses ensemble". "C’est absurde quand la CGT, Force ouvrière, Solidaire, disent la même chose, qu’on ne le fasse pas ensemble", déplore-t-il.

Jean-Luc Mélenchon, qui avait émis l’idée d’une grande marche sur les Champs-Élysées où il espère réunir 500.000 personnes, a également confié vendredi sur notre antenne avoir demandé aux syndicats de prendre "une initiative énorme" afin que "tous ensemble, on appelle à une grande marche pour montrer aux gens que l’on prend ça au sérieux". Mais pour l’heure, l'invitation du leader de La France insoumise reste sans réponse.

Un rassemblement sans les socialistes

Si Jean-Luc Mélenchon appelle à une large union pour lutter contre la politique du chef de l’État, il en exclut toutefois les socialistes. "Nous ne voulons plus d’eux. Ils nous ont trompés, trahis. Ce sont eux qui ont inventé la loi El Khomri, qui a rendu possible les ordonnances", lâche-t-il.

Et de conclure: "Si je dois recevoir des leçons de stratégie, je suis disponible. Mais pas d’un parti qui s’est lui-même détruit. […] Il faut qu’ils clarifient. Moi, je suis prêt à discuter mais il faut payer le ticket d’entrée et le ticket d’entrée c’est être dans l’opposition".