Écolo ou pas? Les programmes des candidats à la Métropole de Lyon passés au crible

Place Bellecour (Lyon) - PHILIPPE DESMAZES / AFP
L'écologie s'est imposée comme un enjeu central des prochaines élections municipales les 15 et 22 mars prochain. Mais les candidats ont-ils intégré l'urgence climatique dans leur programme?
Le réseau Action Climat, fédération de nombreuses associations de lutte contre le changement climatique, a décidé de passer au crible les programmes des quatre principaux candidats dans les dix plus grandes villes française.
A Lyon, l'association a ainsi analysé les programmes de Gérard Collomb (LaREM), David Kimelfeld (dissident LaREM), Bruno Bernard (EELV) et François-Noël Buffet (LR). Chacune de leurs propositions ont été analysées pour savoir si elles répondent aux dix mesures "concrètes et ambitieuses pour le climat" suggérées par Réseau Action Climat.
Résultat pour l'association: "sur les trois programmes publics parmi les 4 candidats identifiés, le programme de Bruno Bernard d’Europe Ecologie-Les-Verts se distingue sur l’enjeu climatique", tandis "qu'aucun des candidats décryptés n’est suffisamment ambitieux en ce qui concerne le développement des énergies renouvelables". Quant à François-Noël Buffet, son programme n'a pas pu être analysé, celui-ci n'ayant pas été publié.

>"Un programme assez complet" pour Bruno Bernard
Sans surprise, le programme le plus vert, selon le Réseau Action Climat, est celui du candidat EELV Bruno Bernard.
"Les écologistes de la Métropole de Lyon proposent un programme assez complet face à l’urgence climatique, notamment sur la question des transports", note l'association, qui délivre un bon point aussi en matière de bio dans la restauration collective et la limitation de la publicité.
Bruno Bernard peut cependant mieux faire sur rénovation des logements, et développement des énergies renouvelables. Il "devra préciser les modalités pour parvenir à respecter 'la trajectoire NégaWatt', tout en augmentant la part de bâtiments rénovés à 10%, contre une part actuelle de 8,6%".
>"Des propositions intéressantes" pour David Kimelfeld
David Kimelfeld, candidat dissident LaREM, peut mieux faire en matière d'écologie. Si Réseau Action Climat remarque des "propositions intéressantes dans son programme notamment en faveur de mobilité durable" ou sur le projet d'Anneau des sciences, l'association pointe aussi du doigt plusieurs faiblesses.
"Le candidat ne s’engage pas sur la sortie du diesel et propose de faire de la plaine de St-Exupéry un pôle d’attractivité internationale autour de l’aéroport", reproche-t-elle, en notant l'absence d'enjeux dans son programme "tels que la nécessaire réduction de la place de la publicité dans l’espace public ou encore l’instauration d’un moratoire sur toute ouverture ou extension de grandes surfaces".
>"Un programme succinct" pour Gérard Collomb
Des trois candidats évalués, Gérard Collomb présente le moins bon bilan avec "un programme relativement succinct sur le climat et contenant très peu d’objectifs chiffrés".
"Si la rénovation énergétique des logements, le maillage des pistes cyclables sur tout le territoire ainsi que le lancement d’un 'grand plan pour multiplier par cinq le solaire photovoltaïque pendant le mandat' sont inscrits dans le programme, il n’y a aucune précision sur les modalités et les moyens de mise en œuvre", reproche l'association.
Elle s'attarde aussi sur le "manque d'ambition" de l'actuel maire de Lyon, notamment en matière de transports. Réseau Action Climat reproche l'absence d'engagements pour réduire la place des véhicules polluants ainsi que le soutien au projet d'Anneau des sciences.











