Dans les coulisses du Conseil des ministres, entre stress et dédramatisation

La petite blague qui en dit long. Lors du Conseil des ministres de ce mercredi, alors qu'un remaniement était annoncé, Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, n'a pas pu contenir une référence au contexte atypique dans lequel travaille le gouvernement. Face à ses collègues, au chef du gouvernement et à Emmanuel Macron, il a ironisé sur la situation: "On a signé un accord sur la banane. J’en conclus qu’en toutes circonstances il faut garder la banane". Déclenchant rires et sourires dans l'assistance, selon une ministre participante.
De son côté, Bruno Le Maire a aussi plaisanté sur la situation. Alors qu'il arrive dans la salle du Conseil des ministres, le ministre de l'Economie ne trouve pas son nom et sa place. "On m'a enlevé ma chaise", dit-il alors avec un large sourire.
Le chef de l'Etat a lui-même essayé de détendre l'atmosphère, en faisant une référence à la situation vécue par Fleur Pellerin lors du précédent quinquennat. En effet, la ministre de la Culture était au Sénat pour défendre sa loi "Liberté de création, architecture et patrimoine" alors qu'elle a appris son éviction du gouvernement. Emmanuel Macron a voulu à ce titre rassurer ses troupes: "Je vous rappelle que certains ministres qui ne l’étaient plus se sont déjà retrouvés au Parlement sans savoir qu’ils n’étaient plus ministres. Moi ce n’est pas ma conception des choses".
"Quelle est votre légitimité?"
Malgré les critiques, Emmanuel Macron souhaite prendre le temps afin d'ajuster son remaniement. Sur la méthode, Benjamin Griveaux explique que le président "assume de rompre avec les pratiques habituelles qui voulaient qu'on change en quelques heures tel ou tel ministre". Selon un ancien ministre de François Hollande, qui a vécu deux remaniements, c'est une situation bien inconfortable pour les membres de l'exécutif. "C’est un supplice pour les ministres et leurs équipes, je ne sais pas comment ils supportent ça, c’est inhumain! Et dans les cabinets, les mecs, ils jouent aux cartes… En plus, quelle est votre légitimité quand vous avez la tête sur le billard?", glisse-t-il.
Ce jeudi, Edouard Philippe a assuré devant le Sénat que malgré cette situation, le gouvernement est bien au travail. "Les ministres sont à leur tâche, ils sont ici et ils répondent aux questions", a répondu le Premier ministre à l'interpellation du patron des sénateurs socialistes Patrick Kanner. Il a toutefois reconnu que "la situation n'a pas vocation à durer".












