Christine Boutin confirme être chargée de mission par l'exécutif

Christine Boutin, ex-ministre du Logement, confirme avoir été chargée d'une mission sur la justice sociale et la mondialisation mais conteste la présentation qu'en fait Le Canard enchaîné. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau - -
PARIS (Reuters) - Le gouvernement français juge normale la rémunération de 9.500 euros nets par mois perçue par Christine Boutin, ex-ministre du Logement de Nicolas Sarkozy, pour une mission qui lui a été confiée par l'Elysée.
L'ancienne candidate de droite à la présidentielle de 2002, qui n'excluait pas de se représenter en 2012, a confirmé mardi soir une révélation du Canard enchaîné, expliquant qu'elle travaillait réellement et a nié avoir été "achetée".
Elle a été recrutée au 1er avril au cabinet du ministre du Travail Eric Woerth pour une mission sur "les conséquences sociale de la mondialisation", selon l'hebdomadaire.
Auparavant, elle bénéficiait déjà depuis décembre d'une rémunération de 1.300 euros par mois, d'un secrétariat, d'une voiture avec chauffeur et de bureaux dans le XVe arrondissement.
François Hollande, député et ancien premier secrétaire du PS, a critiqué cette pratique sur RTL et souligné que Christine Boutin avait d'autres sources de revenus.
"Quand on est retraitée parlementaire, on a pas besoin d'avoir une mission supplémentaire", a-t-il dit.
Confirmant le montant de 9.500 euros nets par mois, Christine Boutin s'est justifiée dans plusieurs médias.
"C'est le salaire d'un haut fonctionnaire tel qu'il est prévu par la loi et, compte tenu de l'importance et du travail qui est demandé pour faire un travail sérieux pour cette mission, je ne peux pas le faire seule", a-t-elle dit sur RTL.
"Je vous assure que c'est un vrai boulot, je peux vous donner tous les rendez-vous et toutes les réunions (...) Quant à laisser entendre que je me suis fait acheter, c'est vraiment peu me connaître", a-t-elle ajouté.
Elle a expliqué qu'elle pourrait citer les salaires "d'autres personnes" qui toucheraient des montants bien supérieurs au sien, et pour lesquels "personne ne dit rien".
La mission s'inscrirait dans la perspective de la présidence française du G20 (novembre 2010-novembre 2011).
CHATEL SOUTIENT BOUTIN
"C'est une mission, c'est un travail et à tout travail correspond une rémunération. La rémunération, elle correspond je crois à l'équivalent d'une rémunération d'un haut fonctionnaire. Donc je ne vois pas ce qu'il y a de scandaleux", a dit le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.
Il a indiqué lors du compte rendu du conseil des ministres que la mission de Christine Boutin portait sur un sujet sur lequel "elle a eu l'occasion de montrer à plusieurs reprises qu'elle s'impliquait fortement".
Il a ajouté qu'il était "utile" pour le gouvernement "de s'entourer d'un certain nombre de compétences sur des sujets parfois techniques et difficiles".
Christine Boutin précise que sa mission a débuté début 2010, en liaison avec les ministères du Travail, des Affaires étrangères et des Finances.
L'ancienne ministre a laissé entendre en mai qu'elle pourrait se représenter à la présidentielle de 2012. Le Canard enchaîné estime que sa mission vise à l'en dissuader.
Elle s'était déclarée publiquement "très choquée" par son éviction du gouvernement en juin 2009 et a fait entendre à plusieurs reprises sa différence au sein de la majorité.
En septembre dernier, elle estimait que l'électorat de droite était "déboussolé" puis jugeait, à la fin de l'année dernière, qu'une loi interdisant le port du voile intégral en France serait "très difficile".
Henri-Pierre André et Thierry Lévêque, avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse












