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Cécilia Attias: "Je crois que Nicolas Sarkozy a aimé mon livre"

BFM Sandrine Cochard
Cécilia Attias le 11 décembre 2012 au Qatar

Cécilia Attias le 11 décembre 2012 au Qatar - -

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Invitée mercredi matin sur France inter, l'ancienne et éphémère Première dame a présenté son livre "Une envie de vérité". Un "témoignage" et "pas un règlement de comptes" selon elle.

Après cinq années d'exil aux Etats-Unis, Cécilia Attias est de retour en France pour présenter son premier livre, Une envie de vérité (Flammarion), tiré à 70.000 exemplaires et qui paraît ce mercredi. Un premier essai pour lequel Cécilia Attias a confié son "trac", mercredi matin au cours d'une longue interview de près d'une heure sur France Inter.

"J'avais peur de ne pas avoir fait assez bien. Je ne suis pas un écrivain. J'ai écrit des pages et des pages pendant des années, qui sont restées dans des placards ou dans des poubelles... Et là j'ai décidé de me lancer. Il y avait beaucoup de choses que j'avais envie de dire", a-t-elle confié.

Un divorce en forme de bombe

Ce livre, qui retrace "les 55 années de (s)on passage sur Terre", aborde évidemment le divorce de Cécilia Attias avec Nicolas Sarkozy. Une "période difficile mais pas un calvaire", a-t-elle décrit en réfutant le terme de "dépression", période qui lui semble "bien loin" aujourd'hui.

De son passage-éclair à l'Elysée en tant qu'éphémère Première dame (elle y est restée moins de cinq mois), Cécilia Attias garde un souvenir doux-amer. Notamment le jour de l'investiture de Nicolas Sarkozy, où elle apparaît comme absente. "Il y avait un décalage" entre ce que le couple vivait sur scène et dans l'intimité. "C'est bien de revenir dessus mais ce n'est pas la peine d'insister. Le temps a passé, maintenant c'est derrière. Les Français ont tourné la page, j'ai tourné la page."

Un divorce en forme de bombe au plus haut sommet de l'Etat mais que Cécilia Attias ne regrette pas: "J'avais besoin d'être en accord avec mes valeurs". Mais ses anciens amis n'ont plus décroché leur téléphone après cela. "J'étais marié à un homme qui avait de lourdes responsabilités. Il avait besoin d'une femme qui le secondait et l'épaulait et peut-être que je n'étais plus celle-là."

"Bien sûr j'ai envoyé mon livre à Nicolas Sarkozy"

Nicolas Sarkozy... Cécilia Attias ne pouvait évidemment pas faire l'impasse sur son ancien mari. "Bien sûr j'ai envoyé mon livre à Nicolas Sarkozy. Il m'a passé un coup de fil, il m'a souhaité bonne chance. Je crois qu'il a aimé", a estimé Cécilia Attias, assurant ne pas avoir eu d'échos de craintes de la part du clan Sarkozy au sujet de son livre. "Je n'ai pas de comptes à régler", a-t-elle insité. Y compris avec ceux qui lui ont mis l'épisode du dîner au Fouquet's, le soir de la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, sur le dos.

"Je ne sais pas pourquoi on a dit ça. Je suis arrivée très tard. Je n'étais pas à la porte, je ne faisais pas le videur", a précisé Cécilia Attias tout en affirmant "n'en vouloir à personne". Autre mise au point de l'ancienne Première dame: "je n'ai jamais poussé pour placer Rachida Dati à la Chancellerie".

"Le cuir ne s'épaissit pas avec les années"

Pas de coups de bâtons, donc, de la part d'une femme qui a pourtant longtemps fait partie de la vie politique française. Un milieu "très violent" a-t-elle reconnu mercredi matin. Et pour lequel elle n'avait pas le cuir assez épais. "On apprend à faire face", a-t-elle soufflé, se décrivant comme une femme "introvertie, manquant de confiance en elle" qui "n'a jamais été attirée par la lumière".

"Le cuir ne s'épaissit pas avec les années. On devient de plus en plus fragile. On se protège. On renvoie une image froide pour se protéger. J'ai bâti une sorte de mur de protection pour que les coups fassent moins mal", a poursuivi Cécilia Attias pour expliquer cette image de femme forte et directive qui lui a parfois collé à la peau.

Se lancer en politique? "Oui, pourquoi pas"

De ses années à côtoyer le pouvoir au plus près, Cécilia Attias a conservé un goût certain pour la politique, n'écartant pas la possibilité de s'engager un jour. "J'aime la politique. Quand on aime son pays, on s'intéresse à la politique de son pays. Donc pourquoi pas s'engager un jour, oui. Mais ce n'est pas d'actualité", a-t-elle affirmé.

Et de se déclarer favorable au mariage homosexuel. "Le monde a changé, évolué. A nous de changer et d'évoluer. Si nous n'évoluons pas avec notre monde, cela va créer des ruptures, cela a déjà créé des ruptures", a-t-elle ajouté en référence aux manifestations qui ont révélé les profondes divisions au sein de la société française sur le sujet. "J'ai suivi toutes les manifestations, extrêment violentes autour. Pour moi, c'est un faux débat. Laissons les gens se marier et vivre leur sexualité comme ils le souhaitent. L'Etat et l'église n'ont pas à décider de cela", a-t-elle poursuivi.

N'empêche, l'idée d'un retour politique fait son chemin. Notamment parce que l'ancienne Première dame se dit toujours très attachée à la France, un pays qui a besoin d'être relancé selon elle. "Le France s'est éteinte. La lampe est belle mais la lumière n'est plus allumée. Cela me rend triste parce que j'aime profondément ce pays. On a beaucoup de chance d'avoir tout ça, il faut relancer la machine", a-t-elle estimé. Et de lancer, notamment à l'adresse des plus jeunes: "Il faut vraiment se retrousser les manches. Arrêtez d'attendre qu'on nous vienne en aide et allez-y, créez votre futur. J'ai envie de voir mon pays se réveiller à nouveau." Un début de programme?