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Cambadélis répond à Mediapart sur ses diplômes prétendument "usurpés"

BFM A. K. et C. P. avec AFP
Jean-Christophe Cambadélis est devenu premier secrétaire du PS en avril dernier.

Jean-Christophe Cambadélis est devenu premier secrétaire du PS en avril dernier. - Joël Saget - AFP

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Mediapart affirme que le premier secrétaire du PS aurait usurpé une partie de ses diplômes avant de présenter sa thèse. Jean-Christophe Cambadélis dément avec force avoir fabriqué de "faux".

"C'est du très grand n'importe quoi", a immédiatement réagi l’intéressé. Jean-Christophe Cambadélis a-t-il triché sur certains de ses diplômes? C'est ce qu'affirme Laurent Mauduit, journaliste à Mediapart, dans un livre à paraître jeudi. 

Selon l'ouvrage, intitulé A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient (éditions Don Quichotte) et dont les bonnes feuilles sont publiées par Mediapart, le premier secrétaire du PS aurait obtenu son doctorat de troisième cycle de sociologie à Jussieu et soutenu sa thèse, alors même qu'il n'avait pas les diplômes antérieurs requis.

Ni licence, ni maîtrise?

"En 1984, il n'a ni licence, ni maîtrise, ni, a fortiori, DEA", affirme le journaliste. Selon lui, Jean-Christophe Cambadélis parvient alors à faire fabriquer un "faux" dans une université parisienne et à s'inscrire à l'université de Paris VII-Jussieu, en disposant "d'un allié dans la place", Pierre Fougeyrollas, résistant communiste, sociologue et anthropologue venu enseigner à Jussieu. 

Celui-ci a rejoint "en 1974 l'OCI et s'est lié d'amitié avec Pierre Lambert", dirigeant de l'organisation trotskiste. Jean-Christophe Cambadélis a milité au sein de l'Organisation communiste internationale dans les années 1970.

 Sa fiche Wikipédia modifiée

Selon l'auteur qui fut aussi militant à l'OCI et dirigeant de l'Unef au milieu des années 1970, et contrairement à ce qu'affirmait la biographie de l'actuel patron du PS sur le site internet Wikipédia (jusqu'à mercredi, celle-ci ayant été modifiée ce jour), sa thèse n'a pas été soutenue en 1987 mais en 1985. En outre, le sujet de sa thèse ne porte pas sur "les mouvement sociaux sous la Ve République" mais s'intitule "Bonapartisme et néocorporatisme sous la Ve République".

Laurent Mauduit ajoute qu"'en juin 1985, Cambadélis soutient sa thèse et obtient haut la main son doctorat". Le jury qui le lui accorde "présente cette singularité" de compter parmi ses membres Pierre Fougeyrollas mais aussi Gérard Namer, professeur de sociologie et universitaire socialiste avec lequel Cambadélis (...) a créé peu avant des sections Force ouvrière dans l'enseignement supérieur", soutient l'auteur.

Cambadélis lui répond

En fin d'après-midi, Jean-Christophe Cambadélis a tenu à envoyer une mise au point par communiqué de presse. Selon lui, il possédait bien une maîtrise avant de passer son doctorat de 3ème cycle. Pour s'inscrire en maîtrise, il reconnaît avoir "obtenu une dérogation de l'université Paris VII Jussieu", une démarche "légale et usuelle dans le cadre d'une inscription sur compétences acquises", sans expliquer toutefois pourquoi cette dérogation était nécessaire. De son côté, l'université a affirmé mercredi, "après vérification", que "le cursus universitaire et l'obtention du doctorat de monsieur Cambadélis se sont réalisés de manière tout à fait régulière".

Selon l'intéressé, ces attaques "infondées" sont le fruit d'une jalousie ancienne. "Depuis notre sortie de l'OCI (organisation trotskyste, ndlr) en 1985, Laurent Mauduit instruit mon procès car je suis entré au Parti socialiste qui n'est plus pour lui un parti de gauche. Ces vengeances et mesquineries d'un autre temps, relayées par la droite dure dans Valeurs actuelles, ne me détourneront pas du combat qui est le mien: reformuler le Parti Socialiste et agir avec lui pour le redressement du pays."