Budget: Edouard Philippe pointe "les limites" du plan d'économies de François Bayrou, "sans aucune réforme structurelle"
L'ancien Premier ministre Édouard Philippe à Matignon le 22 mai 2025 - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
"Notre situation financière budgétaire est mauvaise, elle est même dangereuse. C’est la plus mauvaise de la zone Europe. Ne rien faire, c’est s’exposer à une catastrophe". Dans les colonnes du Parisien, le candidat à la présidentielle Édouard Philippe a commenté les annonces du Premier ministre François Bayrou sur le budget 2026 ce mercredi 16 juillet.
Un casse-tête financier et politique visant 40 milliards d'euros d'économies pour ramener le déficit à 4,6% du PIB l'an prochain, contre 5,8% en 2024. Mais laissant timoré le maire du Havre qui ne voit là "qu’un plan d’urgence" avec "ses limites" car ne proposant pas de "réelle transformation" ni aucune "aucune réforme structurelle des politiques publiques qui ne fonctionnent plus", selon lui.
"Je préfère un plan d’urgence proposé par le Premier ministre, plutôt qu’un plan d’urgence imposé par le FMI", confesse toutefois Édouard Philippe auprès de nos confrères.
"Le mérite" du plan Bayrou, "c’est qu’il propose une réponse d’ampleur pour mettre la France dans une situation plus favorable après l’adoption du budget. Mais ça n’est qu’un plan d’urgence. Et quasiment rien dans ce qu’il propose ne règle le problème. Ça permet juste de limiter les conséquences. Je pense qu’il en a conscience. L’explosion de la dépense sociale, n’est, par exemple, pas réglée par une année blanche. Elle est contenue, mais elle n’est pas réglée", poursuit l'ancien Premier-ministre.
Des "mesures impopulaires" et des "efforts collectifs" à produire
L'une des pistes étudiée par le gouvernement est pour l'heure largement repoussée par les Français. Selon un nouveau sondage Elabe pour BFMTV, 75% des Français sont opposés à la suppression de deux jours fériés proposée par François Bayrou pour le budget 2026.
Pour Édouard Philippe, "sauver notre système doit reposer sur trois piliers: travailler plus, dépenser moins et taxer moins". Pourtant, le candidat à l'Élysée botte en touche sur la question de la suppression des jours fériés.
"Je ne sais pas s’il faut supprimer deux jours fériés. On pourrait aussi proposer de travailler 14 heures de plus sur l’année et laisser le soin aux entreprises de déterminer quand cela se fait", avance le patron d'Horizons.
Il poursuit: "Le général de Gaulle, qu’on ne pouvait pas accuser d’être insensible aux questions mémorielles, avait dit en son temps qu’il fallait travailler plus, y compris le 8 Mai (...) Toutes les mesures sont impopulaires. Mais à la fin, la seule question est de savoir s’il est nécessaire de faire des efforts collectifs".
Édouard Philippe n'a d'ailleurs pas adressé un blanc seing à son allié du camp présidentiel. La censure? On va "essayer de faire prévaloir nos trois piliers et on verra à la fin de la discussion".
La présidentielle n'est jamais bien loin, et il le sait. Ce plan d'économies "je ne sais pas si c’est une remise en cause des années Macron, mais en tout cas pas celle des années Philippe", juge l'intéressé. Baisse d'impôt, réduction du déficit et "contractions de la dépense. Peut-être n’en serions-nous pas là si cette trajectoire avait été suivie ensuite", cingle l'ex-Premier ministre qui dresse là un bilan de son passage à Matignon qu'il espère bénéfique dans son accession à l'Élysée.












