Viol présumé au "36": la touriste canadienne "choquée" par le non-lieu général

La victime présumée d'un viol collectif au 36, quai des orfèvres est sorti de son silence, ce jeudi. (Photo d'illustration) - AFP
"Je suis indignée par la décision des juges d'ignorer les éléments de preuve". La touriste canadienne qui accuse deux policiers de la brigade de répression et d'intervention (BRI) de l'avoir violée en 2014 dans les locaux du 36, quai des Orfèvres, s'est dite "choquée" par le non-lieu général prononcé mercredi par la justice.
"Les policiers ont menti depuis le premier jour", a dénoncé Emily, jointe depuis le Canada par RTL ce jeudi matin. "Tout le monde doit savoir que j'ai été violée (…) C'était horrible, c'était brutal", a-t-elle ajouté.
"Je sais ce qu'il m'est arrivé"
Après deux ans d'enquête, les juges d'instruction ont décidé de ne pas renvoyer devant les assises les deux policiers, estimant que la victime était consentante ce soir-là. Les analyses toxicologiques de la jeune femme avaient révélé un taux d’alcoolémie de 0,76 mg par litre de sang, ainsi que la présence de benzodiazépine et de cannabis.
"J'avais bu, j'étais extrêmement alcoolisée cette nuit-là", a reconnu Emily ce jeudi. Mais pas au point d'oublier cette nuit terrorisante. "Je sais ce qu'il m'est arrivé, je m'en souviens. J'étais là", assure-t-elle.
Le 22 avril 2014, dans un pub irlandais en face du 36, des policiers s'étaient liés avec la jeune femme, alors âgée de 34 ans. En pleine nuit, les fonctionnaires, qui n'étaient pas en service, lui avaient fait visiter les locaux.
Pour le parquet, Emily n'était pas en état de dire non
La jeune femme en était ressortie en larmes un peu plus tard, extrêmement choquée. Elle avait porté plainte pour viol. Un des policiers avait évoqué une relation sexuelle "consentie", l'autre démentant tout rapport.
En juin, le parquet avait requis le renvoie des policiers devant les assises, relevant, dans son réquisitoire, qu’Emily était "arrivée au 36, Quai des orfèvres dans un état d’ivresse extrême, qu’il apparaissait qu’elle titubait et se cognait contre les murs" et que son état ne lui permettait pas de "manifester avec virulence son refus de subir de tels actes".
Dès la lecture de l’ordonnance de non-lieu, l'avocate d'Emily et le parquet ont annoncé leur décision de faire appel. "La justice l'emportera", veut croire la jeune femme.












