Tuerie de Chevaline : une photo relance l'enquête

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C’est une photo de vacances d’une famille qui semble heureuse. Une photo des plus basiques. Sauf que cette famille, c’est celle de Saad Al-Hilli, sauvagement assassinée le 5 septembre dernier, sur la commune de Chevaline, en Haute-Savoie. Cette photo a été récupérée sur le téléphone portable de Saad Al-Hilli, et montre sa femme, ses deux filles et la grand-mère devant un chalet, à seulement quelques kilomètres du chemin forestier où ils seront retrouvés morts, à l’exception des deux fillettes miraculées.
Sur la photo, « les femmes ne sont pas inquiètes »
Femmes et fillettes sont souriantes sur le cliché, et toutes semblent détendues. « Les femmes ne sont pas inquiètes, affirme avec certitude Eric Maillaud, le procureur d’Annecy. Cela ne veut pas dire que le mari, lui, ne l'était pas. Cela ne veut pas dire qu'il n’ait pas eu une capacité de dissimulation très largement supérieure à la moyenne ». « Ce qui est sûr c'est que les femmes étaient détendues, insiste-t-il. On a une photo qui précède de peu les faits. On est dans la reconstitution du parcours, et éventuellement des informations de cette reconstitution vont pouvoir être apportées ».
Les gendarmes, qui ont également lancé un appel à témoins, ont montré l'image aux habitants du village pour savoir s'ils se souviennent de cette famille ou s'ils ont remarqué quelque chose de suspect, sans succès pour le moment. Les enquêteurs cherchent surtout à retracer le parcours de la famille Al-Hilli le jour du drame, depuis leur camping jusqu'au chemin forestier.
Les deux fillettes sous protection rapprochée
Pendant que l’enquête suit son cours, les deux fillettes survivantes de la tuerie sont très encadrées, et la santé de Zaïnab, la plus grande, s’améliore. Elles sont depuis la mi-septembre placées sous protection policière rapprochée près de Londres, en Grande-Bretagne. Elles ont été confiées à une de leur tante, la sœur d'Iqbal, leur mère tuée en Haute-Savoie.
Zaïnab, l'aînée âgée de 7 ans, intéresse toujours les enquêteurs anglais et français pour comprendre la tuerie. D'abord placée dans un coma artificiel, elle est toujours suivie pour ses blessures à la tête et à une épaule dans un hôpital public. Avant son retour en Angleterre, elle avait confié aux gendarmes n'avoir vu qu'un seul « méchant » à Chevaline. Et ces gendarmes ont de nouveau interrogé la fillette, vendredi. Son audition se déroule désormais dans un contexte propice à l'expression d'un enfant : une longue approche psychologique, en présence de membres de sa famille, pour qu'elle se souvienne et qu'elle se confie plus aisément.












