Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray: le procès de l'assassinat du père Hamel s'ouvre ce lundi

Une photo du père Jacques Hamel lors de ses funérailles. Le curé de 85 ans a été tué à Saint-Etienne-du-Rouvray par deux jihadistes le 26 juillet 2016. - CHARLY TRIBALLEAU / POOL / AFP
Plus de cinq ans après, la Cour d'assises spéciale se replonge dans l'horreur de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray. Le procès de l'attaque qui a coûté la vie au père Jacques Hamel, le 26 juillet 2016 en Seine-Maritime, s'ouvre ce lundi à Paris. Les deux assaillants ont été abattus par la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Rouen dans la foulée de l'attentat. Mais quatre autres personnes sont jugées pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "complicité".
Parmi les quatre accusés, seuls trois seront cependant présents au tribunal. Le quatrième, Rachid Kassim, considéré par les juges comme l'instigateur de l'attentat et soupçonné de "complicité d'assassinat", est présumé mort: il aurait été tué en 2017 lors d'un bombardement touchant la zone irako-syrienne.
Ce sont donc trois personnes qui comparaîtront durant ces quatre semaines de procès: Jean-Philippe Steven Jean-Louis, que les juges soupçonnent d'avoir "prodigué des conseils" à l'un des assaillants, Farid K., accusé d'avoir soutenu le projet, et Yassine S., qui a rejoint les deux terroristes la veille de l'attaque et qui aurait aidé au repérage des lieux.
Un mort et un blessé grave
C'est aux alentours de 9 heures 30 le 26 juillet 2016 que la vie des paroissiens de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray bascule. Le père Jacques Hamel, 86 ans et plus de 60 ans de sacerdoce à son actif, finit de célébrer la messe matinale quand les deux assaillants pénètrent dans l'église. Ils prennent alors en otage cinq personnes et finissent par égorger le prêtre, lui infligeant également plusieurs coups de couteau.
Les terroristes s'en prennent également à un paroissien, Guy Coponet, en le poignardant et en l'obligeant à filmer l'agression. L'un des otages réussit à s'enfuir et donne l'alerte. Environ une heure plus tard, les deux assaillants, qui se revendiquent de Daesh et sont fichés S, sont abattus par la BRI de Rouen.
Le diocèse de Rouen parmi les parties civiles
L'événement connaît alors un grand retentissement, d'autant plus qu'il survient deux semaines après l'attentat de Nice, durant lequel 86 personnes ont perdu la vie et plus 300 personnes ont été blessées. Le procès de cet autre attentat se tiendra du 5 septembre au 15 novembre à Paris.
Depuis 2016, plusieurs hommages ont été rendus en la mémoire du père Jacques Hamel. Le 26 juillet dernier, pour les cinq ans de l'attentat, Gérald Darmanin s'était rendu sur les lieux.
"Il est pour la France le souvenir d'un homme qui a subi la barbarie", avait-il affirmé à propos du prêtre assassiné.
Le diocèse de Rouen a longuement hésité à se constituer partie civile. C'est finalement la possibilité d'avoir accès au dossier pénal qui a fini de convaincre l'archevêque Dominique Lebrun. Une décision qu'il a prise "essentiellement au service du procès en béatification, qui doit établir les circonstances de la mort, en particulier les dialogues que les assassins ont eus avec les personnes présentes", détaillait-il dans les colonnes du Figaro, en 2018.











