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Sylvain Fresneau: le combat de l'agriculteur expulsable de Notre-Dame-des-Landes

BFM Karine Lambin avec Pierre-Emmanuel Bécet
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Sylvain Fresneau est l’un des quatre exploitants agricoles expulsables à Notre-Dame-des-Landes. Il représente la cinquième génération d'agriculteurs sur cette exploitation, viable. En attendant de savoir s'il va être expulsé, "il faut bien continuer de travailler", explique-t-il à BFMTV.

Onze familles et quatre agriculteurs "historiques", installés sur les terres prévues pour accueillir le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, seront fixés aujourd’hui sur leur éventuelle expulsion, réclamée par le concessionnaire du site.

Le juge, qui communiquera ses décisions en début d'après-midi, peut soit ordonner l'expulsion immédiate, soit transmettre une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à la Cour de cassation, suspendant de fait la procédure pendant plusieurs mois.

"Nos racines sont là"

En attendant, Sylvain Fresneau continue de travailler. "On ne va pas laisser les animaux dépérir, si on ne le fait pas, personne ne le fera. Tant qu'il n'y a pas de rendu de jugement, pas de délai défini, on continue d'exploiter. On attend toujours la réponse de Hollande, peut-être que ça peut évoluer ", explique-t-il à BFMTV.

Comme les opposants au projet d’aéroport, l'agriculteur estime que François Hollande a "trahi" son engagement de 2012 de geler les expulsions tant que les recours n’avaient pas tous été épuisés.

Ce producteur laitier possède 200 hectares dont 114,55 sont situés sur les zones expulsables. Son exploitation compte 260 animaux en tout: dont 90 vaches laitières, des génisses et des bœufs. Le Gaec (Groupement agricole d’exploitation en commun) de trois personnes produit de l'herbe, du maïs, et des céréales pour l'alimentation des animaux.

Fait notable en ce jour de mobilisation d'éleveurs bretons, son exploitation est viable. A la retraite dans dix ans, il entend bien continuer son activité d'ici-là puis transmettre l'exploitation si possible à son fils.

Un combat depuis 1973

Il faut dire que son exploitation est une histoire de famille. Sylvain Fresneau représente la cinquième génération d'agriculteurs sur cette exploitation. "Mes ancêtres se sont installés ici comme métayers et ont défriché les terres", raconte-t-il. Pour lui, il n'y a pas de plan B sinon "vivoter ailleurs". " On ne s'est jamais projeté autre part... Si vous déracinez un arbre de plusieurs générations, il ne reprend pas", selon lui.

Sylvain refuse désormais les négociations sur le montant de son expropriation. Sa pire des craintes, qu’il parte et que finalement Vinci renonce au final au projet d’aéroport. Ce serait pour lui un gâchis irréparable. Et le combat pour lui, a commencé il y a longtemps.

En succédant à son père en 1984, il a pris la présidence de l’Adeca (Association de défense des exploitants concernés par l’aéroport), l’association historique des paysans fondée en 1973 par son père, Joseph.