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Rouen: le prêtre qui s'est suicidé avait commis une "faute morale" selon l'archevêque

BFM B.L. avec AFP
L'archevêque de Rouen Dominique Lebrun.

L'archevêque de Rouen Dominique Lebrun. - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

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Jeudi, l'archevêque de Rouen a annoncé que le prêtre qui s'est suicidé dans son église avait commis "une faute morale".

Le prêtre qui s'est suicidé mardi dans son église à Rouen avait commis "une faute morale", a déclaré jeudi l'archevêque de Rouen Dominique Lebrun lors d'une conférence de presse.

Jean-Baptiste Sèbe, 38 ans, s'est donné la mort dans les combles de l'église Saint-Romain à Rouen. Il faisait l'objet d'une dénonciation de la part d'une femme l'accusant de comportements indécents et d'agression sexuelle sur sa fille majeure, selon le parquet de Rouen et une source policière.

Pas de plainte déposée

"A ce stade, aucune plainte n'a été déposée", avait précisé mercredi Étienne Thieffry, procureur de la République adjoint à Rouen.

"Parmi les éléments de l'enquête, il y a cette plainte à l'autorité diocésaine d'une maman disant que sa fille lui avait dit que le père Jean-Baptiste Sève a eu, il y a deux ou trois ans, des gestes inappropriés envers sa fille qui était majeure à l'époque des faits allégués", a détaillé jeudi l'archevêque de Rouen.

Il avait convoqué le prêtre lundi dernier pour s'expliquer. "Il a avoué une conduite inconvenante à l'égard de cette jeune fille. Nous avons échangé et convenu ensemble qu'il s'agissait d'imprudence dans la relation avec cette femme comme cela arrive à un certain nombre d'hommes ou de femmes" a-t-il poursuivi indiquant "qu'il n'y avait pas eu, par la suite, d'autres rencontres avec cette fille".

"Faute morale"

"Je me confesse tous les mois", a précisé l'archevêque. "Moi aussi il m'arrive de mentir, moi aussi, parfois je désire la femme d'autrui. Je suis archevêque de Rouen mais je ne suis qu'un homme".

Invité à préciser la nature de ce que revêtait la "faute morale" du prêtre, l'archevêque a précisé vouloir rester "dans une réserve sur la description des gestes", tout en affirmant "que ça peut être une agression sexuelle".

Mais selon lui "aucun signe ne pouvait laisser prévoir un tel geste de la part du père Jean-Baptiste Sèbe", en faisant référence à son suicide.

Pas d'obligation de signalement

Interrogé pour savoir s'il avait saisi l'autorité judiciaire après avoir recueilli les aveux du prêtre, "C'était une majeure. Il n'y avait pas d'obligation de signalement", a-t-il expliqué. "Le vicaire général avait invité la plaignante à porter plainte si elle considérait que c'était une agression", a-t-il ajouté. Elle n'avait pas déposé plainte.

Jean-Baptiste Sèbe, ordonné prêtre en 2005, Strasbourgeois d'origine, était curé de la paroisse Saint-Jean XXIII de Rouen Nord. Il était aussi directeur du centre théologique universitaire et du service de formation permanente, d'après le site internet du diocèse de Rouen.