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Renvoi en correctionnelle requis contre l'ex-ministre UMP Léon Bertrand

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Le parquet de Fort de France a requis le renvoi en correctionnelle de l'ex-ministre délégué au tourisme UMP Léon Bertrand, trois de ses collaborateurs et sept chefs d'entreprise dans une affaire présumée de favoritisme et de corruption.

Le réquisitoire définitif, dont l'AFP a eu copie, a été notifié aux parties cet été. Le contestant, les avocats de Bertrand ont demandé un non-lieu. L'ordonnance du juge d'instruction n'a pas encore été notifiée.

Le réquisitoire décrit nombre d'irrégularités sur 12 marchés de la CCOG, une communauté de communes guyanaise présidée par M. Bertrand. Deux fois, la CCOG a signé un avis d'attribution de marché avant l'ouverture des plis par la commission d'attribution. "Les attributions préférentielles de marchés" étaient un moyen d'obtenir des pots-de-vin, selon le parquet.

"Elles avaient pour contrepartie des versements en numéraire effectués au profit des dirigeants de la CCOG ou de la Senog (une Sem présidée par Léon Betrand) soit aux fins de financer des campagnes électorales, soit pour un usage personnel des bénéficiaires", note le réquisitoire.

Le parquet souligne aussi que "les mandats des uns et des autres (...) politiques ou administratifs, étaient avant tout appréhendés comme le moyen de s'enrichir et de s'assurer un train de vie très élevé en dehors de la Guyane". Trois chefs d'entreprises ont déclaré avoir versés des pots-de-vin à des collaborateurs de Léon Bertrand. L'un d'eux décrit une remise d'enveloppe de 30.000 euros sur le parking situé devant le ministère du Tourisme à Paris.

L'ex-directeur général de la CCOG, Augustin To-Sah-Be-Nza, est le seul protagoniste ayant déclaré avoir remis directement du numéraire à Léon Bertrand. Il a décrit en mars 2009 "un système Bertrand" avant de se rétracter 8 mois plus tard. Ses déclarations, note le parquet, ont permis de remonter à un chef d'entreprise de Guyane qui a détaillé un circuit de retrait de liquidités via une société aux Etats-unis et un compte au Luxembourg.

Léon Bertrand nie les faits tout comme quatre personnes accusées de collectes de numéraire.

Outre la "corruption passive" et le "favoritisme", le parquet demande le renvoi pour "prise illégale d'intérêt" d'un "neveu" de M. Bertrand, Richard Cheung-A-Long qui fut son chef de cabinet au ministère.

Ce dernier a créé une agence de voyage à Saint-Laurent qui a réalisé plus de 1,9 million d'euros de chiffres d'affaires en 10 ans via "trois entités dirigées par M. Bertrand". Son avocat et ceux de Bertrand arguent qu'il s'agit de la seule agence de voyage "dans un rayon de 300 km".