Nantes: des magistrats boycottent l'audience de rentrée solennelle

Une plaque devant l'entrée d'un tribunal de grande instance. (Illustration) - Gérard Julien - AFP
Les magistrats du siège ont refusé de monter sur l'estrade et de prendre place derrière le président du TGI, restant debout dans la salle, pour alerter sur la "dégradation du service public à Nantes et en général", a expliqué avant l'audience Andrée Georgeault, représentante du Syndicat de la magistrature (SM).
"Le manque de moyens est récurrent, mais il n'y a jamais eu autant de vacances de postes", avec pour conséquence "des délais à rallonge et des justiciables qui attendent", a déploré Philippe Desloges, de l'Union syndicale des magistrats (USM).
Effectifs "insuffisants qui ne sont même pas atteints"
Selon une motion des magistrats nantais, votée lundi en assemblée générale, et distribuée dans la salle des pas perdus du palais de justice, le TGI de Nantes compte théoriquement 49 magistrats du siège et 24 au parquet, des effectifs "en soi insuffisants (qui) ne sont même pas atteints".
Au 1er janvier 2017, "seuls 42,4 des 49 postes du siège sont pourvus, soit un déficit de 14%", qui pourrait atteindre "20%" en mars en raison de départs à la retraite non compensés, précise le tract.
Cette pénurie se traduira notamment par la suppression de "cinq audiences correctionnelles mensuelles" et de "35 dossiers au pôle civil par mois", a indiqué le président du TGI, Rémi Le Hors, déclarant en ouverture de l'audience "souscrire pleinement aux inquiétudes" et "au malaise de (ses) collègues".
Le Syndicat des avocats de France (SAF) a également apporté son soutien au mouvement de protestation des magistrats.












