Mort de Liam Payne: qu'est-ce que la "cocaïne rose", cette drogue retrouvée dans le sang du chanteur?

Liam Payne, 31 ans, est mort après avoir chuté du 3e étage d’un immeuble de Buenos Aires en Argentine la semaine dernière. L’autopsie du chanteur de One Direction a révélé la présence de nombreuses drogues, dont la "cocaïne rose".
La cocaïne rose, aussi appelée "tubici" ou "coke-rose", se présente, comme son nom l'indique, sous la forme d’une poudre rose. "Elle a un nom impropre car ce n’est pas de la cocaïne", explique Sonia Fibleuil, la porte-parole de la police nationale, à BFMTV.com.
"C’est un produit qui est issu d’un nouveau produit de synthèse qu’on appelle communément 2-CB, et qui est censé reproduire les effets de la cocaïne." Or selon un rapport de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (Ofdt), la cocaïne rose ne contiendrait pas plus de 2-CB que de cocaïne.
Cette poudre rose, qui doit sa couleur au colorant ajouté par les confectionneurs, n’est pas une nouvelle molécule sur le marché de la drogue, mais bien "un mélange assez fluctuant de plusieurs drogues de synthèse", notamment à base de kétamine, de MDMA ou de méthamphétamine, explique Sonia Fibleuil.
"Six cas portés à notre connaissance"
Un cocktail qui n’est pas sans risques pour la santé. "On a des effets assez violents pour le corps, des effets dissociatifs notamment entraînant des crises d’angoisse, de panique et d’éventuelles perturbations émotionnelles", prévient la porte-parole de la police nationale. En prenant la "tubici", principalement par voie intranasale, les consommateurs rechercheraient "un état général de désinhibition et d’euphorie".
Cette poudre rose est apparue pour la première fois sur le territoire français entre 2021 et 2022, rapporte L’Ofdt. À cette époque, elle circulait principalement en Île-de-France, en Auvergne Rhône-Alpes ainsi qu'en Occitanie.
"En 2022, quelques cas ont été repérés", confirme Sonia Fibleuil. L'Observatoire français des drogues et des tendances addictives rapporte dans son rapport des saisies "de manière sporadique" de cocaïne rose au cours de la deuxième moitié de cette même année en Auvergne Rhône-Alpes.
"En 2024, on a six cas portés à notre connaissance", annonce toutefois la porte-parole de la police nationale.
Ces "cas" ont notamment été découverts lors d'une enquête de police menée sur des messageries cryptées où la cocaïne rose était proposée aux côtés d'autres produits stupéfiants. "On a également eu des cas de ressortissants étrangers qui transportaient cette drogue sur le territoire français, et des trafics découverts à Paris et en province lors de perquisitions", ajoute Sonia Fibleuil. "En général, c’est à l’occasion de trafic sur plusieurs produits qu’on s’aperçoit qu’il y a la vente de cette cocaïne rose."
Une drogue "rare" pour le moment
En France, la cocaïne rose "reste anecdotique encore" mais "nous sommes extrêmement vigilants car c’est un produit qui est émergent. Bien qu’il soit rare, il est émergent", appuie la porte-parole de la police nationale. "La police nationale est mobilisée pour veiller à l’endiguement de ces produits sur le marché français", poursuit Sonia Fibleuil.
En mai 2024, la commission d’enquête sur l’impact du narcotrafic en France du Senat a présenté la cocaïne rose comme étant "un véritable fléau". Selon le rapport, cette drogue "a pénétré en Europe via l’Espagne" et "un réseau proposant notamment ce produit sur SnapChat et Telegram a été démantelé dans le Vaucluse".
SnapChat, Telegram… La "coke-rose" s’acquière sur les réseaux sociaux traditionnellement utilisés par les trafiquants de drogue. Et si sa couleur est une technique marketing pour attirer de la jeune clientèle, la cocaïne rose a un coût.
100 euros le gramme
"C’est un produit onéreux pour le consommateur car il est vendu en moyenne à 100 euros le gramme", rapporte Sonia Fibleuil. "Et nous avons un produit onéreux alors qu’il est très peu onéreux à produire", poursuit la porte-parole de la police nationale, rappelant la dangerosité du produit.
La cocaïne rose est-elle la nouvelle drogue du riche? "On a encore trop peu de cas pour faire des généralités sur les profils des vendeurs et des consommateurs", soulève Sonia Fibleuil. Néanmoins, "l’usage est principalement observé dans le cadre festif".
Les vendeurs n'hésiteraient d’ailleurs pas à survendre cette image festive du produit pour attirer une jeune clientèle en ajoutant par exemple des arômes fraise, banane ou encore passion pour séduire d’éventuels consommateurs.
Une image "qu’il faut absolument changer car les conséquences sont absolument terribles en termes de santé publique", poursuit-elle. "Il y a aussi les nouvelles opportunités de trafic et d'écoulement de drogues dures avec toutes les infractions connexes qui vont avec, notamment des règlements de compte, des trafics de quartier, du blanchiment", conclut la porte-parole de la police nationale.












