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Mort de Célya: le dispositif "Alerte enlèvement" connaît son deuxième échec en 18 ans d'existence

BFM Mélanie Bertrand avec Vincent Gautier
Une photo prise le 28 août 2012 à Paris du site du ministère de la Justice présentant le dispositif "Alerte enlèvement". (Photo d'archive)

Une photo prise le 28 août 2012 à Paris du site du ministère de la Justice présentant le dispositif "Alerte enlèvement". (Photo d'archive) - Thomas COEX © 2019 AFP

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Depuis février 2006 et la création du dispositif, le plan "Alerte enlèvement" a été déclenché à 29 reprises. Dans deux cas, dont celui de Célya, l'enfant a été retrouvé après sa mort.

C'est un dispositif d'ampleur qui a prouvé son efficacité mais qui vient malheureusement de connaître un deuxième échec tragique. Le dispositif "Alerte enlèvement" a été déclenché vendredi soir après la disparition de Célya, 6 ans. Le corps sans vie de l'enfant a été retrouvé quelques heures plus tard dans une zone boisée, à quelques kilomètres seulement de son domicile de Saint-Martin-de-l'If, en Seine Maritime.

Soupçonné d'avoir enlevé Célya et d'avoir porté plusieurs coups de couteau à la mère de la petite fille, le compagnon de cette dernière, âgé de 42 ans, a été interpellé samedi matin. Il a été placé en garde à vue pour tentative de meurtre sur conjoint, enlèvement de mineur de moins de 15 ans et meurtre sur mineur de moins de 15 ans, a annoncé le procureur de la République de Rouen, Frédéric Teillet, durant une conférence de presse.

Un dispositif créé en 2006

L'alerte enlèvement lancée pour tenter de retrouver Célya saine et sauve constituait le 29e déclenchement du dispositif en France métropolitaine depuis sa création en février 2006, selon les chiffres du ministère de la Justice. Deux alertes ont également été diffusées pour l'enlèvement d'un garçon de 12 ans sur l'île de La Réunion, en août 2007, et pour l'enlèvement d'une fillette de 13 mois en Guyane, en décembre 2022.

Inspiré de dispositifs qui existaient déjà aux États-Unis et au Canada, le plan "Alerte enlèvement" vise à lancer une alerte massive en cas de rapt d'enfant mineur pour mobiliser la population dans la recherche de l'enfant et de son ravisseur.

Plusieurs critères doivent être réunis pour qu'il soit activé: il faut un enlèvement avéré et pas une simple disparition, la victime doit être mineure, son intégrité physique ou sa vie doivent être en danger et des éléments d'information doivent permettre de la localiser.

Aucun échec jusqu'en 2020

Dans la quasi-totalité des cas, le ou les enfant(s) enlevé(s) ont été retrouvés vivants après la décision du procureur de la République de recourir à cet instrument. Durant les quatorze premières de son existence, le plan "Alerte enlèvement" a même connu une issue positive à chaque fois.

Le premier et seul échec avant la mort de Célya date d'il y a quatre ans. Le soir du samedi 8 février 2020, le dispositif a été déclenché après l'enlèvement à Angers de Vanille, une petite fille âgée d'un an. La veille, sa mère, souffrant de troubles psychologiques, ne s'était pas présentée avec l'enfant comme convenu avec sa référente de l'Aide sociale à l'enfance (ASE).

Nathalie Stéphan a été retrouvée le matin du 9 février 2020 dans un hôtel à Nantes. Le corps de son bébé sera découvert quelques heures plus tard dans une benne à vêtements à Angers. L'autopsie déterminera que l'enfant est mort par étouffement et sa mère expliquera avoir tué sa fille le vendredi 7 février, la veille du déclenchement de l'alerte enlèvement.

En février 2023, Nathalie Stéphan a été condamnée pour le meurtre de Vanille à la réclusion criminelle à perpétuité. Cette peine a été assortie d’une période de sûreté de 22 ans.