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Mila: un nouveau procès à l'encontre de ses cyberharceleurs s'est ouvert à Paris

BFM E.F. avec AFP
Mila à Paris, le 15 janvier 2022

Mila à Paris, le 15 janvier 2022 - JOEL SAGET / AFP

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Six hommes et femmes âgés de 19 à 39 ans comparaissent jusqu'à mardi devans le tribunal judiciaire de Paris pour des menaces de mort et des messages haineux contre Mila.

"Jamais je ne me soumettrai", a affirmé ce lundi Mila, une jeune femme cible de harceleurs après une vidéo polémique qu'elle a publié sur l'islam, face à deux de ses détracteurs jugés par le tribunal judiciaire de Paris.

Six hommes et femmes, âgés de 19 à 39 ans, comparaissent devant la 10e chambre jusqu'à mardi pour avoir publié sur Twitter des messages de haine et des appels au meurtre à son encontre. Seuls deux des six prévenus étaient présents à l'audience.

"Je veux que mes procès ne regardent pas que moi", explique Mila, en larmes à la barre. "Je veux que les victimes se sentent légitimes de montrer ces captures d'écrans, de regarder un officier de police dans les yeux et de dire 'je veux déposer plainte pour harcèlement'".

Plus de 100.000 messages haineux et menaces

Les prévenus sont étudiants ou mères de famille et poursuivis pour "menaces de mort" et "harcèlement moral en ligne" pour des tweets rédigés en novembre 2020 lors d'une deuxième vague de cyberharcèlement contre la jeune femme, 18 ans aujourd'hui.

Richard Malka, avocat de Mila, assure qu'elle a reçu "plus de 100.000 messages haineux et de menaces de mort" après la publication d'une vidéo où elle lançait vertement à ses détracteurs: "et dernière chose, surveillez votre pote Allah, s'il vous plaît. Parce que mes doigts dans son trou du cul, j'les ai toujours pas sortis".

En robe verte, juchée sur des talons noirs, la jeune femme, qui vit sous protection policière permanente, défend son droit au blasphème. "Publier cette nouvelle vidéo est une façon de résister à ceux qui me harcelaient", explique-t-elle au tribunal.

"Je ne réalisais pas vraiment", se défend une prévenue

Les deux prévenus ont assuré qu'ils ne mesuraient pas, au moment des faits, la portée de leurs mots. Ils ont aussi dit ne pas avoir eu connaissance de l'ampleur de la campagne dont était victime la jeune femme. "Sur le coup, je ne réalisais pas vraiment", lâche Faten B., une mère de famille de 39 ans. En novembre 2020, elle avait écrit sous le mot-dièse Mila "qu'elle crève" sur le réseau social.

"Ces mots, ils ne voulaient rien dire", explique celle qui plaide un contexte personnel difficile et la mort d'un proche. Depuis, elle a supprimé son compte Twitter et assure ne plus s'y être rendue.

Tristan J., 19 ans, boucles châtains qui lui tombent sur le front, assure n'avoir "jamais voulu qu'elle voit" son message écrit sur "un coup de tête". "Faut la fumer", "pouffiasse va", avait-il tweeté. Le président lui demande le sens de "fumer". Tristan bredouille.

"J'ai regardé un dictionnaire d'argot, cela veut dire tuer ou frapper", lui rappelle le magistrat.

Pour Mila en revanche la signification est claire. "Quand j'ai lu ça, ce que j'ai compris c'est: 'il faut la tuer'". "Les mots ont du sens", insiste-t-elle. Les réquisitions du parquet et les plaidoiries des avocats sont prévues mardi.