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Meuse : il a tué sa femme et son fils dans un contexte «tendu»

BFM M. Chaillot et C. Béziau avec AFP
C'est un voisin, chez qui le tueur présumé s'est réfugié, qui a donné l'alerte.

C'est un voisin, chez qui le tueur présumé s'est réfugié, qui a donné l'alerte. - -

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Le sexagénaire qui s’est accusé du meurtre de sa femme et de l’un de ses fils jeudi matin dans la Meuse a été interpellé et placé en garde à vue. Le prévenu aurait «sombré» et perdu pied à cause des problèmes de drogue de son fils mais «il a conscience de la gravité des faits».

L'homme de 61 ans interpellé jeudi après s'être accusé du meurtre dans la matinée de son épouse et d'un de ses fils à son domicile de Brillon-en-Barrois, dans la Meuse, a été placé en garde à vue à Bar-le-Duc, a-t-on appris de source judiciaire. Après le double meurtre, le suspect avait appelé les pompiers et leur avait indiqué avoir tué son épouse et son fils.

Il a tué sa femme et son fils pendant leur sommeil

Le père de famille a expliqué avoir d'abord tiré sur son épouse, 58 ans, qui dormait dans un canapé convertible dans le séjour de la maison, avec un fusil de chasse, vers 9h30. « Il a ensuite cherché son fils: il s'est alors rendu chez un voisin, qui l'avait récemment hébergé, pensant l'y trouver », a indiqué le procureur de Bar-le-Duc, Yves Badoc. « Il a constaté que son fils n'était pas là et, en repartant, il a confié à ce voisin qu'il avait fait ‘une connerie », a poursuivi le procureur. Le suspect est ensuite retourné à son domicile et a découvert son fils, 31 ans, dans le fourgon aménagé en camping-car au fond de la cour du domicile familial, et dans lequel il avait l'habitude de dormir. « Le suspect lui a tiré une balle dans la tête, selon lui, pendant son sommeil », a indiqué le magistrat. Entre temps, le voisin avait prévenu les gendarmes et avait récupéré un autre fils, 17 ans, qui se trouvait dans sa chambre à l'étage de la maison pendant les faits, et à qui le père de famille avait enjoint de quitter le domicile familial. Choqué, l'adolescent n'a pas encore été entendu les gendarmes.

« Une situation familiale extrêmement tendue »

D'après les premiers éléments de l'enquête, menée par la brigade de recherche de Commercy, dans la Meuse, les balles ont été tirées à bout portant, avec une arme que le suspect utilisait régulièrement pour se rendre à la chasse. Sur ses motivations, « le suspect a expliqué que la situation avec son fils, héroïnomane, avait rendu le climat délétère au sein du foyer. Il a pu estimer que son épouse soutenait son fils », a expliqué le procureur de Bar-le-Duc. Le couple avait par ailleurs récemment envisagé de se séparer. Retraité d'un office HLM et père de quatre enfants, l'auteur présumé est décrit par son entourage comme « un chasseur bon vivant, mais qui a sombré à cause des problèmes de drogue de son fils, qu'il n'arrivait plus à gérer ». Cette même source ajoute : « Il avait mis en vente la maison pour pallier les problèmes d'argent de son fils, la situation était devenue extrêmement tendue ».

Tragédie similaire dans la même famille

« Il assume son geste et ne minimise pas ses responsabilités. Il a conscience de la gravité des faits », a par ailleurs indiqué l'avocate du gardé à vue, Maître Nadège Dubaux. Une information judiciaire pour assassinats doit être ouverte vendredi par le pôle de l'instruction de Nancy. Ce drame intervient dix ans à peine après une tragédie similaire dans la même famille : en décembre 2003, le frère du prévenu, un commissaire de police en poste à Paris, avait tué son fils et son épouse d'avec laquelle il était en instance de divorce, à l'aide de son arme de service. L'homme s'était ensuite rendu dans une forêt de la Meuse pour se donner la mort.