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"Martyre de l'A10": la demande de dépaysement du procès des parents de la petite Inass rejetée

BFM C.D. avec AFP
Une plaque portant l'inscription « à la mémoire de la petite inconnue de l'autoroute A10 » photographiée le 14 juin 2018 à Suèvres, sur la tombe d'une fillette non identifiée retrouvée morte et mutilée dans un fossé de l'autoroute A10 près de Blois en août 1987, ouvrant l'affaire dite de la « Disparue de l'A10 » en France. (Photo d'illustration)

Une plaque portant l'inscription « à la mémoire de la petite inconnue de l'autoroute A10 » photographiée le 14 juin 2018 à Suèvres, sur la tombe d'une fillette non identifiée retrouvée morte et mutilée dans un fossé de l'autoroute A10 près de Blois en août 1987, ouvrant l'affaire dite de la « Disparue de l'A10 » en France. (Photo d'illustration) - GUILLAUME SOUVANT / AFP

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Le procès des parents de la petite Inass, découverte morte sur le bord de l'autoroute A10 en 1987, aura bien lieu devant la cour d'assises du Loir-et-Cher. La Cour de cassation ayant rejeté, ce lundi 5 mai, la demande de dépaysement du procès.

La Cour de cassation a rejeté la demande de dépaysement du procès des parents de la petite martyre de l'A10, que le procureur général d'Orléans avait sollicitée en mettant en avant un manque de moyens de la cour d'assises du Loir-et-Cher, selon l'arrêt consulté ce lundi 5 mai par l'AFP.

Dans un arrêt en date du 29 avril dernier, la chambre criminelle de la Cour de cassation a jugé "qu'il n'y a pas lieu de faire droit à la requête" du procureur général près la cour d'appel d'Orléans, datée du 20 janvier, alors motivée par des "raisons structurelles et conjoncturelles" qui auraient "contraint de repousser le procès". Des motifs "pas de nature à faire obstacle" à un jugement "dans un délai raisonnable dès lors que les accusés ne sont pas en détention provisoire", selon l'arrêt.

Le procès devrait donc bel et bien se tenir devant la cour d'assises du Loir-et-Cher.

Un procès pas avant fin 2026

Dans cette éventualité, le parquet général indiquait en janvier qu'il ne pourrait se tenir "avant de nombreux mois", et sans doute pas avant fin de 2026 ou début 2027", notamment pour des raisons "liées à l'état de santé" de magistrats, mais aussi car le site de Blois n'est pas adapté à ce "procès très médiatique".

La mère de la petite Inass doit être jugée pour "torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort" et le père pour "complicité".

Après plusieurs recours des parents et du parquet de Blois contre l'ordonnance de mise en accusation du juge d'instruction, la Cour de cassation avait ouvert la voie à un procès des parents et validé les chefs d'accusation initiaux.

Retrouvée inanimée sur le bord d'une autoroute

Le corps d'une fillette inconnue, surnommée la "petite martyre de l'A10", avait été retrouvé dans un fossé de l'autoroute A10 par deux employés de la société Cofiroute, à Suèvres (Loir-et-Cher), en août 1987.

Ce n'est qu'environ trente ans plus tard que les enquêteurs étaient remontés jusqu'aux parents de la petite fille prénommée Inass, alors inconnus de la justice, grâce à un prélèvement ADN opéré sur son frère, arrêté en 2016 dans une affaire de violence. Grâce à l'ADN du frère, les enquêteurs avaient pu ainsi identifier et retrouver la trace des parents, un couple originaire du Maroc et qui a eu sept enfants.

Les parents, âgés de 71 et 73 ans, avaient été mis en examen en juin 2018 dans un premier temps pour meurtre, recel de cadavre et violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans.