Marseille: le lieu du drame de la rue d'Aubagne transformé en "pissotière" en marge du carnaval sauvage

C'est la collusion de deux événements qui auront défrayé la chronique marseillaise. Mais ni au même moment, ni dans le même registre. Dimanche, 6500 personnes ont participé au carnaval - non-autorisé par la préfecture - de la Plaine, tombant bien souvent masques et respect des gestes barrières. Certaines d'entre elles sont allées jusqu'à uriner sur le lieu même du drame qui a meurtri Marseille le 5 novembre 2018.
Ce jour-là, les immeubles des numéros 63 et 65 de la rue d'Aubagne s'effondraient brutalement, emportant dans leurs décombres les vies de huit de leurs occupants. Cet écroulement est devenu le symbole de la vétusté et du mal-logement dont souffre une partie de la ville. Comme le précise La Provence, une dent creuse, c'est-à-dire un espace sans construction situé entre plusieurs édifices, en l'occurrence une grande dalle de béton entourée de barrières et considérée comme un espace dédié à la mémoire des victimes, s'étend désormais sur place.
Une "véritable profanation"
C'est là que certains carnavaliers ont décidé de soulager leur vessie à quelques hectomètres du cortège, selon les témoignages des riverains auprès de La Provence. Plusieurs d'entre eux ont affirmé que l'endroit avait été changé en "pissotière", et un des habitants a même décrit une "véritable profanation" au quotidien marseillais.
Le maire de la ville, Benoît Payan, a utilisé le même mot au moment de condamner ce débordement et le rassemblement qui en est à l'origine.
"Rien ne justifie qu’on détruise les efforts collectifs pour endiguer le virus! Rien ne justifie qu’on profane le lieu des effondrements de la Rue d’Aubagne! Rien ne justifie qu’on s’en prenne à des jeux d’enfants et à des équipements publics!" a-t-il ainsi tweeté, troussant l'anaphore.
Neuf personnes ont été interpellées par les forces de l'ordre quand elles sont intervenues en fin de journée pour disperser le défilé, selon un chiffrage avancé par le ministère de l'Intérieur ce lundi auprès de BFMTV.












