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Libération de Florence Cassez: «On va pouvoir revivre comme avant», témoigne sa mère

BFM Mathias Chaillot avec A. Manoli et C. Andrieux
24 janvier 2013: Florence Cassez, dans l'avion du retour vers la France où elle devrait atterrir ce jeudi en milieu de journée.

24 janvier 2013: Florence Cassez, dans l'avion du retour vers la France où elle devrait atterrir ce jeudi en milieu de journée. - -

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Après la libération de Florence Cassez, qui a passé 7 ans en prison au Mexique, ses proches laissent éclater leur joie. Sur RMC, sa mère, son frère et Jean-Luc Romero, le président de son comité de soutien, expriment leur soulagement.

Elle est donc libre. Après 7 ans de prison, la Cour suprême du Mexique a ordonné mercredi soir la libération immédiate de la Française Florence Cassez, condamnée en 2008 à une peine de 60 ans de prison pour complicité d'enlèvements. Les magistrats mexicains ont pris cette décision avec trois voix sur cinq après avoir estimé que le procès de la jeune femme âgée de 38 ans avait été entaché d'irrégularités. Les deux autres juges ont demandé une annulation de la condamnation et un renvoi devant une cour d'appel. Accompagnée de son père et de son avocat qui ont fait le déplacement, Florence Cassez est déjà dans un avion et devrait atterrir en France en début d’après-midi.

« Je ne réalise même pas encore »

Pour son frère Sébastien, c’est un véritable choc auquel il a eu « du mal à croire au début », raconte-t-il sur RMC. « Ensuite, quand j’ai appris la nouvelle, c’est incroyable ce que j’ai ressenti. C’était un grand soulagement avant tout, et la joie est venue après, et je ne réalise même pas encore, tellement c’est fort. Pour affronter tout ça, ça n’a pas été facile, elle a vraiment été forte jusqu’au bout, avec beaucoup de courage, de dignité. Elle s’est battue, on s’est tous battus ensemble, le plus important est de se retrouver et arrêter de combattre cette injustice. On va pouvoir revivre comme avant ».

« Elle a bien gagné sa liberté »

Revivre comme avant, c’est aussi ce qu’espère sa mère, Charlotte. Mais d’abord, elle veut laisser s’exprimer son soulagement. « Je suis folle de joie, j’ai envie de sauter, danser, crier ! J’ai encore du mal à le croire. Jusqu’au dernier moment, je me disais "elle va peut-être repartir vers un procès", je n’y croyais pas, et d’un seul coup, c’est l’explosion. Je suis pressée, je voudrais savoir quand elle arrive, me dépêcher d’aller la chercher. Elle est fabuleuse, elle a bien gagné sa liberté, elle s’est battue tout ce temps avec cette force, son innocence, sa conviction, elle est extraordinaire ».

« Elle veut retravailler »

Pour la suite, rien n’est écrit, confirme Charlotte Cassez, qui veut laisser sa fille libre de reprendre la vie qu’elle entend. « Je veux l’embrasser, mais après, c’est elle qui décidera ce qu’elle voudra faire. Je crois que je lui dois bien ça, après 7 ans. Elle a toujours dit qu’elle voulait retravailler dès qu’elle sortira, car c’est quelque chose qui lui manque, ça fait 7 ans qu’elle ne fait plus rien. Elle allait bien, elle avait peur, elle avait l‘impression de ne pas en voir le bout, je pense que là, elle doit être folle de joie. Je pense qu’elle prendra un petit break quand même. En tout cas, une chose est sûre, c’est qu’elle a envie de se libérer un peu de tout ça, prendre un peu de repos. Elle aura le temps de rêver, maintenant qu’elle aura toute la liberté devant elle, elle pourra se caler sa vie comme elle en a envie. Je trouve qu’elle ne l’a vraiment pas volé ».

« Je n’ai plus de colère, plus de rage »

Charlotte Cassez tient aussi à rendre hommage à tous ceux, nombreux, qui se sont mobilisés pour soutenir sa fille. « Cette victoire, Florence la doit à tout le monde, à tous ces gens qui ont toujours été avec nous. Tous ensemble, on a vraiment réussi un pari fantastique, faire accepter l’innocence de Florence dans un pays étranger aussi compliqué, aussi fermé que l’était le Mexique il y a 7 ans ». Maintenant, elle veut tourner la page. « Florence a eu la malchance de tomber sur quelques mauvaises personnes qui lui ont fait beaucoup de mal. Je n’ai plus de colère, plus de rage, je veux juste profiter des bons côtés ».

« Que de souffrances pendant ces années »

Parmi ceux qui se sont trouvés aux côtés de Florence Cassez durant son procès se trouve Jean-Luc Romero, président de son comité de soutien. « C’est quand même fantastique. Quand on pense comment on pouvait parler dans le désert il y a encore un an ou deux, quand on voit tout ce travail, ça parait formidable. Maintenant, il faut que Florence vive sa vie », a-t-il raconté sur RMC au côté de Charlotte Cassez. « J’ai pu voir, de l’extérieur, et c’est facile de l’extérieur, mais que de souffrances pendant ces années ! ». Une étape déjà passée, pour la maman : « Je crois qu’on va oublier ça, ce sont les premières choses qu’on va oublier, j’en suis convaincue ».

Hollande « salue ceux qui ont lutté pour cette libération »

François Hollande a aussi réagi à la libération de Florence Cassez. « Je veux saluer celles et ceux qui ont été auprès de Florence pendant toutes ces années, qui ont lutté à leur niveau, pour que cette décision puisse un jour intervenir », a dit le président de la République. « Je veux aussi lui dire qu’elle sera accueillie ici avec tout le soutien nécessaire. J’ai également une reconnaissance pour la justice mexicaine, parce qu’elle a fait prévaloir le droit. C’était la confiance que l’on avait porté à son endroit, et nous pouvons aujourd’hui dire que nous avons les meilleures relations qu’il soit possible d’établir entre la France et le Mexique ».

Romero, invité des GG à 12h30 sur RMC|||

Jean-Luc Romero, président du comité de soutien à Florence Cassez, sera l'invité des Grandes Gueules ce jeudi à 12h30 sur RMC. Cliquez ici pour écouter son interview en direct.