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Lettre de Salah Abdeslam: quels sont les droits des détenus

BFM J.C.
Un kit de correspondance est distribuée à tous les détenus à leur arrivée en prison.

Un kit de correspondance est distribuée à tous les détenus à leur arrivée en prison. - AFP

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Même placé à l'isolement, les détenus conservent leur droit de correspondre avec l'extérieur. Des lettres envoyées ou reçues qui peuvent faire l'objet de contrôles par l'administration pénitentiaire.

Trois paragraphes qui ont été lus et relus. Mutique devant les juges, Salah Abdeslam a envoyé une lettre à une femme qui l'a sollicité à plusieurs reprises dans des courriers envoyés à la prison de Fleury-Mérogis. Pour la première fois, l'unique survivant des commandos jihadistes des attentats du 13-Novembre évoque son rapport à la religion et assure "ne pas avoir honte".

Salah Abdeslam reste le détenu le plus surveillé de France. Transféré depuis la Belgique en avril dernier, il occupe depuis une cellule de 9 m² dans la prison de Fleury-Mérogis, en Essonne. Placé à l'isolement, il est filmé 24h/24 par des caméras de vidéosurveillance. Si aucun contact ne lui est autorisé avec les autres détenus, il conserve son droit de recevoir du courrier ou d'écrire des lettres en détention.

Lettre versée au dossier

"À son arrivée (en prison, NDLR), un kit courrier est remis au détenu (papier, enveloppe, timbre et crayon)", précise le site de l'administration française. Les détenus en détention provisoire sont alors autorisés à écrire tous les jours et sans limitation aux personnes qu'il souhaite. A l'inverse, il peut recevoir des courriers de quiconque souhaite lui écrire. Seul le juge d'instruction peut prononcer une interdiction de communiquer avec l'extérieur.

La circulaire du 14 avril 2011 de la Cour européenne des droits de l'Homme affirme également que "l'isolement n'est pas une mesure disciplinaire". Par conséquent, les détenus qui y sont placés conservent les mêmes droits que les autres prisonniers, notamment "en termes d’accès à l’information, de relations avec l’extérieur, de correspondance, d’exercice du culte ou d’utilisation de leur compte nominatif".

Un enfant du terroriste

Dans le cas d'Abdeslam, aucun interdiction n'a été prononcée concernant sa correspondance. Une stratégie qui s'est révélée gagnante pour le juge d'instruction qui, faute d'avoir des réponses à ses questions lors des auditions du suspect qui fait valoir son droit au silence, a pu verser au dossier la lettre écrite par le terroriste présumée qui apporte quelques éléments de sa personnalité.

Des précautions ont toutefois été prises par les autorités au vu du profil du détenu. L'administration pénitentiaire contrôle l'ensemble des courriers qui sont adressés à Salah Abdeslam, comme elle peut le faire pour tous les détenus à l'exception des missives adressées à certaines personnes, notamment les avocats. Et à en croire un bon connaisseur du dossier, contacté par Libération, ils sont nombreux à vouloir lui parler.

Outre les avocats qui lui proposent leurs services, les journalistes qui souhaitent l'interviewer et les religieux qui l'interrogent sur sa foi, des femmes lui avouent leur admiration et déclarent vouloir un enfant de lui.