La mère d'un jihadiste sera rejugée en octobre pour financement du terrorisme

Nathalie Haddadi - RMCD
La mère d'un jihadiste, condamnée l'an dernier à deux ans de prison ferme pour avoir envoyé de l'argent à son fils, sera rejugée en octobre, a décidé mercredi la cour d'appel de Paris, qui a écarté un recours déposé par sa défense.
L'avocat de Nathalie Haddadi, mère d'un jihadiste franco-algérien présumé mort en Syrie, avait soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) portant sur le délit de financement du terrorisme, notamment s'agissant du cadre familial.
Pas lieu de transmettre la QPC
La cour d'appel a jugé qu'il n'y avait pas lieu de transmettre cette QPC à la Cour de cassation, dernier filtre avant le Conseil constitutionnel.
"Je comprends la décision de la cour et me réserve la possibilité de soumettre à nouveau cette QPC devant la Cour de cassation, si cette affaire devait lui être soumise", a réagi Hervé Denis, son avocat.
Nathalie Haddadi comparaîtra donc les 24 et 25 octobre devant la chambre 8-3 de la cour d'appel, nouvellement créée face à l'augmentation du contentieux terroriste.
Condamnée en 2017
Le 5 septembre 2017, le procès de cette femme de 43 ans, conseillère commerciale en Alsace, s'était terminé à quatre heures du matin dans les larmes et les invectives.
Trois semaines plus tard, le tribunal correctionnel l'avait condamnée à deux ans ferme pour financement du terrorisme et pour avoir aidé son fils Belabbas Bounaga, délinquant radicalisé en prison, à quitter la France alors qu'il était visé par une interdiction de sortie du territoire.
Les juges n'avaient pas ordonné son incarcération immédiate, requise par le parquet de Paris. Elle avait fait appel.
Financement du terrorisme
Là où Nathalie Haddadi affirmait avoir seulement "aidé" son enfant, le tribunal avait estimé qu'elle avait bien financé le terrorisme en lui payant des billets d'avion et en lui envoyant de l'argent alors qu'il se trouvait en Malaisie, étape de son périple vers la Syrie, où il avait rejoint l'organisation jihadiste État islamique (EI).
Elle avait soutenu l'avoir envoyé chez son père en Algérie pour le remettre dans le droit chemin et l'avoir ensuite aidé financièrement lorsqu'il était en vacances en Malaisie, notamment "pour manger".
Également poursuivi pour financement, le meilleur ami du jihadiste avait été condamné à trois ans d'emprisonnement et incarcéré. Sorti de prison depuis, il sera aussi rejugé en octobre.












