"J'ai échappé au pire": un ancien élève du collège-lycée Notre-Dame-de-Bétharram témoigne

Que se passait-il à l'intérieur du collège-lycée Notre-Dame-de-Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques entre les années 1950 et 1990? En janvier 2024, vingt premières plaintes ont été déposées pour des faits de violences, agressions sexuelles ou viols, survenus entre 1970 et 1990. Aujourd'hui, plus d'une centaine de personnes ont déposé plainte. Le parquet de Pau a ouvert une enquête en février 2024.
L'affaire revient sur le devant de la scène aujourd'hui alors que nos confrères de Mediapart accusent le Premier ministre François Bayrou d'"avoir menti" en affirmant ne pas être au courant des faits de violences, d'agressions sexuelles et de viols commis dans l'établissement catholique.
"Je n'ai pas pris la mesure de la gravité"
Parmi les victimes figure Gaël, victime d'agressions sexuelles entre 1988 et 1991 au sein de cet établissement scolaire. Aujourd'hui âgé de 50 ans, il estime avoir "globalement échappé au pire".
"On s'est retrouvé à deux dans le bureau d'un surveillant général parce qu'on était punis sur le palier du dortoir. J'étais puni car j'avais souri à une bêtise de mon camarade, ça a suffi pour être puni et qu'on prenne une première gifle", raconte-t-il.
"Forcément, des gamins de 12 ans qui s'ennuient, ils font les couillons. Il y a un de nous deux qui a dû commencer à montrer ses fesses à l'autre et puis l'autre a fait pareil", se remémore Gaël. "Et le surveillant général s'est pointé à ce moment-là. Il nous a simplement amené dans son bureau en disant 'puisque vous voulez vous regarder baissez vos pantalons et regardez.'"
"On s'est retrouvé dans le bureau du surveillant à baisser nos pantalons et ça s'est arrêté là. Je n'ai pas pris la mesure de la gravité de l'événement à ce moment-là", estime-t-il aujourd'hui. Sur notre antenne, l'homme de 50 ans raconte aussi des violences physiques subies lors du transport scolaire, notamment "des gifles".
En 1998, le directeur de l'établissement, le père Carricart, est mis en examen pour viol sur un enfant de dix ans. "On avait entendu une histoire avec le père Carricart (...), ça nous paraissait aberrant", se souvient Gaël. Le père Carricart s'est suicidé deux ans plus tard et la justice a clos le dossier.












