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Interpellation manquée à Besançon, travail de localisation... Comment le deuxième fugitif de Dijon a finalement été arrêté à Marseille

BFM Orlane Edouard
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Deux détenus s'étaient évadés le 27 novembre au matin de la prison de Dijon, après avoir scié les barreaux de leur cellule et utilisé des draps. L'un a été arrêté dès le lendemain de son évasion, le second a été interpellé ce jeudi 18 décembre.

Il est 7h10, jeudi 18 décembre, lorsque les forces de l'ordre interpellent le deuxième détenu qui s'est évadé de la maison d'arrêt de Dijon mettant ainsi fin à presqu'un mois de cavale dans l'est de la France. Le 27 novembre dernier, l'homme de 19 ans et son complice détenu se sont échappés de la prison dijonnaise, en sciant les barreaux de leur cellule avec une lame de scie à métaux, vraisemblablement livrée par drone.

La double évasion est constatée fin novembre vers 7 heures du matin, au moment du contrôle des effectifs. Peu après, les deux hommes "ont pu être suivis grâce à la vidéo de protection dans un certain nombre de déambulations à Dijon", a précisé le procureur de la République, Olivier Caracotch, lors d'une conférence de presse ce vendredi 19 décembre.

Cavale de 24 heures

Le périple des détenus ne fait pourtant que commencer. La liberté retrouvée, ils embarquent tous les deux à bord d'un véhicule qui les conduit à quelque 100 kilomètres de là, à Besançon, dans le Doubs. L'homme de 19 ans "est déposé", a détaillé le procureur, tandis que son codétenu, âgé de 32 ans, rejoint la Saône-et-Loire où il sera arrêté par la police nationale le lendemain de son évasion.

Installé au fond d'un bar-tabac de Bey, en Saône-et-Loire, le fugitif lisait le journal et buvait un café au milieu du client, l'air "décontracté" d'après les témoins de l'interpellation.

Comment deux détenus ont-ils réussi à s’évader de la prison de Dijon?
Comment deux détenus ont-ils réussi à s’évader de la prison de Dijon?
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Selon une source proche de l'enquête à BFMTV, il était écroué depuis avril 2023 pour "des menaces et violences habituelles aggravées sur conjointe". Dans sa cellule vide, les enquêteurs de la police judiciaire avaient retrouvé un mot écrit de sa main, où le détenu dénonçait le temps "trop long" qu'il passait en détention provisoire.

Une première interpellation ratée

Pendant trois semaines, le fugitif de 19 ans, toujours en cavale, reste recherché par les forces de l'ordre. D'abord localisé à Besançon entre le 27 et 30 novembre, une première opération de police ne conduit pas à son interpellation.

Mais "permet d'interpeller un présumé complice de son évasion", a précisé le procureur, Olivier Caracotch. Il a été mis en examen pour "complicité d'évasion en bande organisée" et "association de malfaiteurs" et placé en détention provisoire.

Le détenu de 19 ans évadé est ensuite localisé à Marseille - ville où il est né - au début mois de décembre où il "fréquente plusieurs quartiers" de la cité phocéenne, avant d'être finalement interpellé à 7h10, jeudi 18 décembre, dans un logement à la Cité des Rosiers par la Brigade national de recherche des fugitifs.

"Un travail complexe"

"C'est un travail complexe (...) de recoupement d'informations qui a été mené", a expliqué le procureur indiquant que l'individu avait utilisé de très nombreux téléphones pour ne pas être tracé. "La localisation ne se fait pas en temps réel, ni au centimètre près".

Au moment de son interpellation, l'individu ne portait pas de stupéfiants, ni d'arme. Il faisait depuis le 16 décembre dernier l'objet d'une notice rouge d'Interpol. Considéré comme "potentiellement dangereux" par la justice, il était en détention provisoire à Dijon après avoir été mis en examen pour "tentative d'assassinat" et "association de malfaiteurs".

L'arrestation des deux détenus a été menée dans le cadre d'une division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN).