BFM

Infanticide à Nancy: perpétuité requise contre une mère pour le meurtre de ses deux enfants

BFM Hugo Septier avec AFP , Journaliste BFMTV
La balance de la justice.

La balance de la justice. - LOIC VENANCE / AFP

Téléchargez la nouvelle application BFM
L'accusée avait été interpellée au volant par les gendarmes, alors qu'elle venait d'étrangler ses deux enfants de neuf mois et deux ans et demi.

Le verdict est attendu dans l'après-midi. La réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 22 ans, a été requise vendredi 13 décembre contre Ingride Jesus Van Der Kellen pour le meurtre de ses deux jeunes enfants en 2022, aux assises de la Meurthe-et-Moselle.

"En matière d'infanticide, c'est une peine qui doit s'envisager", estime l'avocate générale Elsa Pincet, qui indique requérir cette lourde peine pour la première fois de sa carrière. "C'est normal pour un infanticide, et a fortiori pour un double infanticide!"

"Un enfant n'est pas censé rester éternellement un enfant (...) et pourtant Emma n'aura jamais trois ans, Edwin ne marchera jamais", souligne encore l'avocate générale.

Avis opposés des experts psychiatres

Pourquoi Ingride Jesus Van Der Kellen est-elle passée à l'acte? Elsa Pincet admet deux hypothèses: la mère avait l'intention de se suicider et de ne pas abandonner ses enfants, ou souhaitait ainsi atteindre leur père.

L'avocate générale s'engage alors dans une démonstration à l'issue de laquelle elle tranche: "Au moment où elle tue ses enfants, elle gagne", estimant que l'accusée cherchait à faire souffrir Jean, son compagnon.

Le passage à l'acte relève de la logique criminelle, d'après le ministère public qui ne retient pas l'abolition ou l'altération du discernement.

Jeudi, les experts psychiatres avaient rendu des avis opposés sur l'accusée, ancienne chercheuse de 37 ans, titulaire d'un doctorat en sciences. L'un des psychiatres estimait que son discernement était aboli au moment du passage à l'acte, ce que contestait le second expert.

Très fragile psychologiquement

Le 15 février 2022, l'accusée avait été interpellée au volant par les gendarmes, alors qu'elle venait d'étrangler ses deux enfants de neuf mois et deux ans et demi, récupérés à la mi-journée à la garderie.

Auparavant, elle avait essayé d'assommer son conjoint avec un marteau, après qu'il lui eut annoncé son intention de quitter le domicile familial avec les enfants en raison de l'alcoolisme de la mère de famille.

Très fragile psychologiquement, l'accusée a fondu en larmes régulièrement au long des débats. Affirmant vouloir se suicider, elle n'avait pas pu aller au bout de son interrogatoire mercredi. Des soignants avaient dû intervenir et lui administrer un calmant.

Son ex-compagnon était venu témoigner mardi. "Mes enfants me manquent, tous les jours", avait-il déclaré, les traits marqués. Depuis deux ans, il a perdu 15 kilos et abandonné sa thèse.