Gendarmes mis en cause à Sainte-Soline: Marine Tondelier demande à Gérald Darmanin de s'expliquer ou de démissionner
La secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier arrive à l'Hôtel Matignon à Paris, le 3 juin 2025 - Thibaud MORITZ
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a demandé lundi 10 novembre à Gérald Darmanin d'envisager la démission après la publication de vidéos sur le maintien de l'ordre pendant la manifestation de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) parce qu'il était ministre de l'Intérieur et qu'il est aujourd'hui garde des Sceaux alors qu'une enquête judiciaire est ouverte.
Médiapart et Libération ont publié la semaine dernière des vidéos issues des caméras-piétons portées par les forces de l'ordre mobilisées le 25 mars 2023 autour du chantier d'une réserve d'eau agricole contestée, surnommée "mégabassine", par des milliers de manifestants.
On y entend notamment des gendarmes encourager des "tirs tendus" de grenades, pratique interdite, en direction de manifestants et d'autres se féliciter des blessures occasionnées.
"Ce n'est pas acceptable"
"J'attendais une réaction de celui qui était alors ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Il a refusé à la presse tout commentaire. Ce n'est pas acceptable", a déclaré Marine Tondelier lundi soir sur les réseaux sociaux. Comme d'autres élus écologistes, elle était présente à cette manifestation.
"Plusieurs parlementaires écologistes ont saisi la procureure de Rennes en charge du dossier (...) Mais Gérald Darmanin, aujourd'hui garde des Sceaux, est désormais son supérieur hiérarchique", a ajouté la leader écologiste, qui est également candidate à la prochaine élection présidentielle.
"Pour la sérénité des suites judiciaires qui pourraient être données à ces révélations, nous demandons que s'il n'est pas capable de fournir une quelconque explication ou des excuses, il démissionne", a-t-elle ajouté.
200 manifestants blessés
Le rassemblement de Sainte-Soline, interdit, avait dégénéré en affrontements entre militants radicaux et gendarmes, avec 5.000 tirs de grenades et une pluie de pierres et de cocktails molotov. Les manifestants avaient annoncé 200 blessés dans leurs rangs dont 40 graves, et les gendarmes 45.
L'actuel ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a condamné les "propos" et les "gestes" tenus par des gendarmes et visibles sur les vidéos, mais il a réfuté le terme de "violences policières".
"Je ne laisserai jamais critiquer les forces de sécurité intérieure et vous savez très bien que ce genre de faits qui sont graves, j'en conviens, (...) permettent toujours à certains de critiquer d'une manière générale l'institution policière ou la gendarmerie", avait déclaré le ministre jeudi.












