Fusillade près des Champs-Elysées: le lieu où le banditisme vient "se montrer et briller"

Une fusillade près des Champs-Elysées a fait trois blessés dimanche matin. - Geoffroy Van der Hasselt - AFP
A quelques mètres des Champs-Elysées, la fusillade a eu lieu rue de Ponthieu. C'est ici, en plein coeur du 8e arrondissement que trois personnes ont été blessées devant une boîte de nuit vers 7h du matin dimanche. Pour les habitants du quartier, l'incident n'a rien d'étonnant.
"Tous les gens du quartier savent que cette rue, il ne faut pas la fréquenter entre 23h et 7h du matin", explique l'un d'eux. "On est presque dans un no man's land, on a l'impression que nous ne sommes pas à Paris", renchérit une habitante.
Depuis plusieurs années, les incidents nocturnes se multiplient en effet dans cette rue, où se concentrent de nombreux clubs. A l'entrée de la galerie qui mène vers la boîte de nuit, des impacts de balles témoignent d'une précédente fusillade. "La rue est de plus en plus criminelle, au moins une fois par mois on assiste à de grosses rixes, avec des coups de feu", constate Noura B., responsable du 1er district de Paris pour le syndicat Alliance.
D'après l'Observatoire national de la délinquance, le 1er et le 8e arrondissement de Paris concentrent les taux les plus élevés de violences de la capitale.
Les Champs-Elysées:"Le lieu où l'on doit se montrer"
Les Champs-Elysées seraient un lieu prisé du banditisme, et cela depuis de très nombreuses années.
"Ca a commencé autrefois avec les voyous corso-marseillais qui tenaient un peu le quartier. Ca s'est poursuivi pendant un certain temps avec les "manouches" puis les maghrébins et puis les nouvelles générations de caïds", détaille Frédéric Ploquin, journaliste spécialiste du banditisme.
Tous ont un point commun: ils veulent s'afficher sur les Champs-Elysées. "C'est le lieu où l'on doit faire la fête, où l'on doit se montrer où l'on doit briller. Le problème c'est que lorsque ces garçons font la fête, ils ne laissent pas au vestiaire tous leurs contentieux qui sont extrêmement nombreux (...). A partir de là, au petit matin quand les nuits ont été bien arrosées et bien agitées, il arrive fréquemment que ça dégénère", poursuit Frédéric Ploquin.
Pour lutter contre l'insécurité, le préfet a autorisé en 2015 les clubs du quartier à se doter de portiques détecteurs de métaux.












