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Féminicide dans le Gard: la famille de la victime porte plainte pour assassinat

BFM J.D. avec AFP
Un gendarme (photo d'illustration).

Un gendarme (photo d'illustration). - DENIS CHARLET / AFP

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Le corps poignardé de cette femme de 37 ans avait été retrouvé dans le coffre d'une voiture début octobre dans le Gard. Sa famille soupçonne l'ancien petit-ami de la trentenaire.

Des membres de la famille de Laetitia C., une femme autiste dont le corps poignardé avait été retrouvé dans le coffre de la voiture de son ex-compagnon début octobre dans le Gard, ont porté plainte pour assassinat, a annoncé jeudi 23 octobre leur avocat.

Dans la nuit du 8 au 9 octobre, le corps de la femme de 37 ans, présentant des traces de "violences par arme blanche", a été découvert dans un véhicule stationné à Cornillon (Gard), avait indiqué la procureure de Nîmes dans un communiqué au lendemain des faits.

Quelques heures plus tôt, son ancien petit-ami, Anthony S., se serait introduit "à l'insu de tous" dans le foyer pour adultes handicapés au sein duquel résidait Laetitia C., où il aurait porté plusieurs coups de couteau au visage de la victime avant de la transporter jusqu'à son véhicule, détaille l'avocat de la famille, Me Jean-Christophe Basson-Larbi, dans un communiqué.

Un acte "prémédité" selon ses proches

Le jeune homme, âgé de 26 ans, avait rapidement été interpellé par les gendarmes mais son "état psychiatrique" avait nécessité "un placement immédiat en unité spécialisée", avait indiqué le parquet, qui avait ouvert une enquête pour "homicide volontaire aggravé" le 9 octobre.

Mercredi, soit deux semaines après les faits, la famille de Laetitia C. a porté plainte contre X avec constitution de partie civile, notamment pour assassinat, complicité d'assassinat, recel de cadavre et homicide involontaire aggravé par diverses négligences.

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L'homicide était "prémédité", estime Me Basson-Larbi auprès de l'AFP, arguant qu'Anthony S. "décide de la tuer parce qu'elle (Laetitia C.) ne répond pas", malgré ses tentatives de "rentrer en contact" avec elle les jours précédant le crime.

L'avocat de la famille a évoqué une possible "complicité" de la grand-mère d'Anthony S., qui aurait invité son petit-fils à un pot de départ au sein du foyer "duquel il était exclu", ce qui lui aurait permis de faire un "repérage" l'après-midi avant le meurtre. Le foyer, "censé assurer (la) sécurité" de ses résidents, est également pointé du doigt dans la plainte.

Une information judiciaire en cours

La procureure de Nîmes, Cécile Gensac, a indiqué jeudi à l'AFP "n'avoir pas encore" cette plainte de la famille et que la procédure était au stade de l'information judiciaire, c'est-à-dire menée par un juge d'instruction, toujours "pour meurtre aggravé".

Elle s'est refusée à toute précision sur l'enquête, soulignant que "les informations relèvent du secret de l'instruction en l'état".

L'établissement pour adultes handicapés, sollicité jeudi par l'AFP, n'a pas immédiatement répondu.

Selon les derniers chiffres officiels publiés fin novembre 2024, 96 féminicides conjugaux ont été recensés par les forces de sécurité en France en 2023, sur 119 morts violentes au sein du couple. Dans 82% des cas, les auteurs sont des hommes.