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Des journalistes embarquent avec une arme sur des vols français

Des journalistes ont pu embarquer sur des vols en France malgré la présence d'une arme démontée en sept morceaux dans leurs bagages, dont le contenu est vérifié sur écran dans les aéroports. /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier

Des journalistes ont pu embarquer sur des vols en France malgré la présence d'une arme démontée en sept morceaux dans leurs bagages, dont le contenu est vérifié sur écran dans les aéroports. /Photo d'archives/REUTERS/Benoît Tessier - -

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PARIS (Reuters) - Des journalistes français ont pu embarquer en novembre sur deux vols intérieurs au départ de Paris-Roissy et Marseille-Marignane...

PARIS (Reuters) - Des journalistes français ont pu embarquer en novembre sur deux vols intérieurs au départ de Paris-Roissy et Marseille-Marignane avec un pistolet démonté et placé dans des sacs à main, annonce France Télévisions.

Les sept morceaux de l'arme n'ont pas été détectés par les agents de sécurité d'une société privée, qui assurent sur des écrans la vérification du contenu des bagages avant l'embarquement, montre le reportage qui doit être diffusé ce jeudi soir dans l'émission Envoyé spécial.

La journaliste s'est même filmée en train d'assembler le pistolet de calibre 9 mm dans les toilettes de l'avion, a expliqué à Reuters Nicolas Jaillard, de la société de production Ligne de mire, qui a réalisé le reportage diffusé sur France 2.

Certains morceaux en métal, notamment le canon, ont déclenché une alarme lors des deux voyages, a-t-il dit.

A l'aller, l'agent de sécurité a simplement fait repasser le bagage sur le tapis, et, au retour, il l'a fouillé sans rien voir, précise Nicolas Jaillard.

Interrogée sur France info, la journaliste estime qu'il ne s'agit pas d'une faute d'inattention de la part des agents de sécurité, mais d'une "méconnaissance de ce qu'ils sont censés trouver".

Aéroports de Paris et le ministère des Transports se sont refusé à tout commentaire dans l'immédiat.

En France, comme partout dans le monde, les contrôles ont été renforcés dans les aéroports depuis les attentats du 11 septembre 2001 et d'autres épisodes. La fouille des voyageurs va désormais jusqu'à leur demander de retirer leurs chaussures.

Parallèlement, les tâches de contrôle ont été confiées à des sociétés privées, recrutées par les aéroports et en principe contrôlées, au détriment des policiers professionnels.

Le syndicat de police Alliance a déclaré à Reuters qu'il était favorable à ce choix, car selon lui la police doit se concentrer sur d'autres missions que ces contrôles, mais il demande une meilleure supervision des sociétés privées.

"Le vrai débat, c'est qu'il faut un contrôle de l'Etat qui doit imposer un cahier des charges exigeant de nature à éviter les dysfonctionnements", a dit Jean-Claude Delage, secrétaire général adjoint du syndicat.

"L'Etat doit prendre des entreprises qui tiennent la route et rémunérer ces entreprises pour qu'elles puissent assurer une formation très pointue des agents qui sont au filtre, au besoin avec les conseils de professionnels", a-t-il dit.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse