Cyberharcèlement de Brigitte Macron: à la barre, Aurélien Poirson-Atlan alias Zoé Sagan défend le droit à "la satire"
L'auteur français Aurélien Poirson-Atlan, également connu sous le nom de Zoe Sagan, arrive à son procès à Paris, le 27 octobre 2025. - GUILLAUME BAPTISTE / AFP
Aurélien Poirson-Atlan, connu sous le pseudonyme de Zoé Sagan, l'un des principaux prévenus accusés d'avoir cyberharcelé Brigitte Macron, a revendiqué ce mardi 28 octobre au deuxième jour du procès le droit à "la satire", qu'il considère comme "l'ADN du pays". Brigitte Macron est la cible d'une infox mondiale l'accusant d'être une femme trans.
Les réquisitions contre les dix prévenus, âgés de 41 à 65 ans, jugés depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Paris, sont attendues en fin de journée. Le jugement devrait ensuite être mis en délibéré. Cette riposte judiciaire en France, doublée d'une plainte aux États-Unis, intervient après quatre ans de polémiques et de rumeurs qui n'ont cessé d'enfler, largement relayées par les réseaux complotistes et d'extrême droite.
"Je suis satiriste"
Le compte X d'Aurélien Poirson-Atlan, 41 ans, supprimé depuis, a fait l'objet de plusieurs plaintes et est souvent présenté comme lié aux sphères complotistes d'extrême droite, ce qu'il a réfuté avec force à la barre.
"On m'a décrit comme quelqu'un d'extrême droite, alors que je suis à l'opposé. Je suis plutôt de gauche", a-t-il lancé.
Son pseudonyme Zoé Sagan est un "personnage de fiction", a expliqué le publicitaire, costume bleu cintré, une "intelligence artificielle féminine" "instigatrice d'un nouveau genre littéraire." L'écart d'âge entre les époux Macron est considéré comme un "crime sexuel" par Zoé Sagan, une "pédophilie cautionnée par l'Etat" sur la plateforme d'Elon Musk.
Le prévenu, loquace à la barre, estime que ce procès est un procès fait "à la liberté d'expression".
"Je suis satiriste, je ne suis pas journaliste. J'essaye d'apporter un point de vue différent des médias traditionnels. Un peu comme Le Gorafi. Je pensais que ce que j'écrivais s'inscrivait dans la loi de 1881", s'est-il défendu.
Selon lui, l'influenceuse MAGA Candace Owens, qui a participé à la propagation de cette infox transphobe aux États-Unis, est un "phénomène de société", "une dinguerie" qui sera "étudiée dans les écoles de journalisme". Le couple présidentiel a engagé cet été des poursuites contre la podcasteuse d'extrême droite, auteure d'une série de vidéos vue plusieurs millions de fois, intitulée "Becoming Brigitte" ("Devenir Brigitte"). Plusieurs personnes jugées à Paris ont relayé les publications virales de l'Américaine, se réjouissant de voir "l'affaire Brigitte" s'internationaliser.
Aurélien Poirson-Atlan - également connu pour avoir diffusé les vidéos à caractère sexuel du macroniste Benjamin Griveaux qui avait dû renoncer en février 2020 à briguer la mairie de Paris - a été applaudi à la fin de son passage à la barre.
Les prévenus plaident la liberté d'expression
Absente du procès, l'épouse du chef de l'État a indiqué aux enquêteurs que la rumeur avait eu "un très fort retentissement" sur son entourage et sur elle-même, rapportant que ses petits-enfants entendaient dire que "leur grand-mère est un homme". Sa fille est attendue mardi à la barre.
Lundi, plusieurs prévenus - courtier, professeur de sport ou informaticien - ont exprimé leur surprise d'avoir à répondre de publications "satiriques", relevant selon eux de la liberté d'expression.
La médium, Delphine J., connue sous le pseudo d'Amandine Roy, a souhaité exercer son droit au silence à la barre, expliquant qu'elle s'était déjà longuement "exprimée". La Bretonne de 51 ans est l'autrice d'une vidéo virale publiée en 2021 affirmant que Brigitte Macron n'aurait jamais existé et que son frère Jean-Michel aurait pris son identité après une transition de genre.
Vue plus de quatre millions de fois et depuis retirée de la plateforme, elle a largement contribué à amplifier la rumeur, selon les dires de Brigitte Macron rapportés par le président du tribunal.












